Side Road Records :: 2005 :: acheter ce disque

Non vous n’aurez pas de comparaison avec le premier disque de Candy’s 22. Cette bafouille a été écrite avec des oreilles vierges et toutes fraîches. La première fois que j’ai entendu parler de l’alliance entre Existereo et Barfly, c’est dans un email de Factor. Je n’ai découvert que plus tard l’existence d’un autre disque du même groupe, un disque que certains autres ont semble-t-il fortement apprécié. Et à ce jour, je n’ai pas rattrapé mon retard, je ne l’ai toujours pas écouté. Je ne risque donc pas d’être déçu. Malgré toute l’affection que j’ai pour ces deux collectifs phares de la Côte Ouest américaine, pour ces Shapeshifters dont sort Existereo, pour cet Oldominion dont Barfly est issu, je suis parti sans préjugé favorable. D’autant plus que Factor, je le connais. Le Canadien est un activiste précieux de la grande scène hip hop indé, un liant, un trait d’union entre le petit monde du rap canadien qu’on aime et les tout fous brouillons géniaux du West Coast Underground. Bref, Factor est quelqu’un d’indispensable. Mais ses disques, malheureusement, l’ont rarement été à ce jour.

Donc non, aucun risque d’être déçu par ce disque.

Et il vaut mieux, parce que Livin la Vida Boo Hoo est loin d’être extraordinaire. Et c'est un euphémisme. La mère maquerelle mexicaine qui orne la pochette est engageante, l’ouverture en guitare et voix de coq châtré façon Led Zep tonitruante. Mais quand on pénètre plus avant sur ce disque, ça n’est plus vraiment ça. C’est connu, si un bon producteur peut s’accommoder d’un piètre MC, l’inverse n’est pas forcément vrai. Existereo et Barfly ne sont pas n’importe qui, mais Factor ne leur rend pas honneur. Les deux peuvent s’amuser, chanter, faire du double time ou je ne sais quoi d’autre, ou encore inviter un 2Mex et un Bleubird inspirés, ça ne décolle jamais. Sauf une fois, au moment de ce superbe "Alone" mélancoliquement beau à souhait, un titre qui m’a fait envisager un court instant que je pourrais aimer tout l’album. Mais non, même pas. Peine perdue. Les boucles de Factor ont toujours cette fâcheuse tendance à s’éterniser au-delà du raisonnable, comme si le bonhomme était allé boire un coup en oubliant de débrancher sa machine. Et comme les emcees sont deux, ça dure deux fois plus longtemps. "Existereo would like to thank Barfly", "Barfly would like to thank Existereo" est-il écrit à l’intérieur de la pochette. Curieusement, nulle part je ne vois les deux bonshommes remercier leur producteur. Révélateur ?