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AKUMA & FACTOR - Dawn of a New Era

, 22:33 - Lien permanent

Ce disque, c’est un peu l’alliance des seconds couteaux. Mais ne partons pas battus d’avance. Ce genre de duos est parfois capable de prouesses.

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D’un côté, Akuma, sympathique rappeur à grosse voix et phrasé saccadé, mais dépourvu du charisme de ses collègues Shapeshifters de la division supérieure, les 2Mex, Radio, Awol One, Existereo & co. De l’autre, Factor, beatmaker canadien surproductif aux nombreuses connexions californiennes, activiste inlassable du hip hop indé, mais pas aussi doué aux machines qu’un Soso, pour citer un autre résident de cette bonne vieille ville de Saskatoon. Ce Dawn of a New Era, c’est donc un peu l’alliance des seconds couteaux. Rien de bien excitant à prime abord. Mais ne partons pas vaincus d’avance. Parfois, ce genre de duos fait des merveilles. C’est déjà arrivé avec deux bonshommes issus du même circuit et dont on n'attendait pas grand chose, je pense à Die, à Deeskee et à leur remarquable Ravish.

Dawn of a New Era n’est tout de même pas aussi chouette que cette jolie surprise. Loin s’en faut. Il y a trop plein des boucles plates et paresseuses de Factor dessus. Le style du Canadien est étonnamment académique pour l’amateur de hip hop dissident qu’il est censé être. Ses beats sont toujours aussi désincarnés, aussi banals que les extraits scratchés de "Don’t Believe the Hype" et ces "Get Up, Stand Up" piochés chez Marley dont il parsème le titre du même nom. Les deux compères se plantent souvent, surtout quand ils se veulent gais et gaillards : "Dig Dig Dig" a beau bénéficier du renfort conséquent d’Awol One et de Radioinactive, les beats à deux balles dénichés par Factor gâchent tout. Même constat sur "Get Acquainted" avec Doc Lewd et Matre. C’est inéluctable, les deux hommes ne savent pas faire bouger convenablement les fesses.

En revanche, Factor et Akuma se montrent plus à l’aise sur les titres downtempo, ceux où le rappeur fait le tendre, le fragile, le sentimental. Parfois, c’est trop, comme sur ce "Voices in my Head" plus-alangui-que-moi-tu-meurs ou sur le piano triste et les cordes de "Never Let you Go". Mais d’autres fois, les deux parviennent à faire surgir la flamme, comme sur ce très joli "What’ll You Do" à guitare acoustique (mais moi, j’y peux rien, vous me mettez une guitare acoustique sur un rap, et j’aime), comme sur ce "No Regret" en compagnie de Liferexall et d’un Die Young toujours aussi à l'aise dans le registre du rockeur éploré, et comme sur l’impeccable "Go Away". C’est peu, cela ne suffit pas à faire de Dawn of a New Area un disque indispensable, mais c’est à peu près ce que les deux nouveaux amis ont sorti de mieux à ce jour.

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