Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

DANGER DOOM - The Mouse and the Mask

, 21:36 - Lien permanent

Chroniqueur mal léché cherche à vendre disque raté d’une vieille gloire rap fatiguée et d'un producteur à la mode et à la noix.

Epitath / Lex :: 2005 :: acheter ce disque

MF Doom et Madlib, MF Doom et Danger Mouse, et bientôt MF Doom et Ghostface Killah. MF Doom et les extra-terrestres, MF Doom et les gendarmettes, MF Doom fait du ski. Approchez, approchez, c’est le festival au super-villain. Réjouissez-vous, critiques. Votre tour viendra. A ce rythme, chacun pourra rendre son hommage tardif à Zev Luv X et rattraper ses 20 ans de retard. Vous avez loupé son dernier disque ? Pas grave, un autre arrive déjà, avec dessus tous les noms qui vont bien de la nouvelle intelligentsia hip hop indé. Bon, d’accord, je ne devrais peut-être pas trop la ramener, moi qui ai découvert le bonhomme avec Operation Doomsday plutôt qu’avec KMD. Et encore, même pas grâce aux singles sur Fondle’em, uniquement via le mythique site de MP3 pirates Cypher Divine. C’est vrai, j’abdique, je ne donnerai pas de leçon. Mais tout de même, jamais je ne me ridiculiserai à prétendre que cet album est extraordinaire, épatant, irréprochable, ou je ne sais quel autre qualificatif louangeur et donc parfaitement inapproprié.

C’est qu’il était si naturel d'accueillir ce disque avec toutes les faveurs : "une sortie sur Lex Records, ouais, tu sais, la division hip hop de Warp, le hip hop que tu as le droit d’aimer, ah qu’il est trop crédible, défricheur, novateur, Def Jux, Anticon, tout ça tu vois. Et avec Danger Mouse dessus, encore en plus. Oui, Danger Mouse, le producteur hip hop du moment". Nan mais, tout de même, sérieusement, qu’est-ce qu’il a fait ce trou du cul pour accompagner un type dont il ne dépasse pas le poil de la cheville ? Ghetto Pop Life, cet autre truc inutile sorti sur Lex ? Non, même pas. Ce producteur opportuniste a eu tout juste l’idée bête comme chou, et donc géniale, de fusionner Jay-Z et les Beatles. Ce qui lui a permis d’arriver aux manettes du deuxième Gorillaz, un disque étonnamment bien, il est vrai, pour le coup. Mais s’il est bien, c’est grâce à Damon Albarn, j’en suis sûr, et sûrement pas à cause du Danger Mouse que j’ai connu sur ses disques précédents et sur celui-ci.

Tiens, et justement, il y a quoi sur cet album ? Bah, il y a tout ce que 50 000 critiques avant moi ont décrit. Un ton badin. Un rap axé davantage sur le jeu que sur l’introspection. Des extraits d’Adult Swim saoulants en guise d’agréments pas agréables. Des petits sons dans tous les sens aussi légers qu’oubliables, aussi sexy que Barbie et aussi beaux que Ken. Une sorte de easy listening, et même pas dans l’acception réhabilitée du terme. Il y a un MC qui rappe bien, mais comme s’il venait de se lever avec une gueule de bois. Et un Ghostface Killah qui semble s’être trompé d’endroit avec son rap halluciné ; pour un peu, on le prierait de retourner auprès de Mary J. Blige ou je ne sais quelle autre diva r'n'b plutôt que de perdre son temps dans "l’underground" avec cette vieille gloire fatiguée et ce producteur à deux sous. Et puis qu’est-ce qui m’a mis Talib Kweli là-dedans, ce type qui n’a jamais rien fait de bon depuis un Black Star lui-même pas si terrible ? En fait, en tout et pour tout, il n’y a guère qu’un seul morceau affriolant sur cet album, ce "Benzi Box" gentiment entraînant qu’on croirait échappé de Demon Days. Tout le reste est plat, incolore, transparent, creux, creux, creux. Tellement creux.

Bon, puisque c’est ça, je m’en vais écouter le dernier Gorillaz en faisant la vaisselle. Ca me détendra. Après, je me remettrai l'increvable Operation Doomsday dans les oreilles. Et demain, on parlera de tous les disques rap indé 100 fois meilleurs que celui-ci qui sont sortis l’année passée. OK ?

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Commentaires

1. Le vendredi 6 janvier 2006, 00:11 par Newton

Un Valium et on se détend. Ceci dit, je te rejoins.

Sinon Anticon c'est très bien et tout n'est pas à jeter chez Lex (Fog, Subtle et Hymie's Basement suffisent à mon bonheur). Mais effectivement, cet album est à oublier.

Pour bien finir comme un aigri total, tu aurais d'ailleurs pu préciser que DangerMouse est nommé aux Grammy pour son travail effectué sur le Gorillaz. Ouééééé ! o/

2. Le vendredi 6 janvier 2006, 11:37 par Mo

Ouah!! C'est parce que c'est ton premier billet pour 2006, ou bien parce que les fêtes ne se sont pas bien passé que tu as l'air aussi remonté?
Ok l'album est...moyen. Sans saveur à la longue. Mais de là à être aussi catégorique! Il y a des centaines de bouzes bien plus mauvaises qui sortent chaque mois. En fait je ne comprends pas cette réaction (et tu n'es pas le seul) envers cette album. Un espoir déçu? A chaque sortie de Doom, tout le monde attend un "Operation Doomsday 2". Mais faut arrêter avec ça.
En tout cas je te rejoins sur certain point, même si j'ai pu dire et penser le contraire auparavant (y'a que les cons qui...). Sauf pour Talib. J'ai aimé, et j'aime toujours sa collabo avec Hi-Tech sur "the son of thought" (rawkus). Et le "Black star" aussi.

3. Le samedi 7 janvier 2006, 00:18 par maurelita

Warf warf, fidèle à ton style mordant ?

Ravi d'avoir découvert ton blog ; je me suis inspirée de tes préférences sur Pandora et ça me botte pas mal.

Hyvää Uutta Vuotta 2006 !

=D

4. Le mercredi 11 janvier 2006, 12:14 par Newton

Vue dans une chronique:

"Danger Mouse sort une fois de plus l'artillerie lourde : on ne voit guère qui, dans le hip-hop d'aujourd'hui, pourrait aller le défier sur le terrain de la créativité sonore."

Je me suis bien marré.

5. Le jeudi 12 janvier 2006, 22:28 par babette

Meilleure chronique du blog !
Je l'ai lu sans m'ennuyer un centième de seconde avec le sourire aux lèvres.
Même si tout le monde pense + ou - ça tout bas, c'est bien écrit, on a vraiment l'impression que t'es pas de bonne humeur, et CA ca le fait !

6. Le jeudi 19 janvier 2006, 12:34 par Qotus

D'abord, j'ai adoré l'album, ensuite j'ai lu ta chronique, donc je me dit "j'ai dû rater quelquechose".
Je reécoute, plusieurs fois, mais rien n'y fait, j'aime cet album qui est léger, certes, mais vraiment bon je trouve.
"Incolore" dis-tu, serais-tu subitement devenu daltonien des oreilles (facile) ? Après, l'engouement des médias et toutes ces conneries je m'en tape complètement, c'est carrément hors propos.
Je m'insurge : un album léger n'est pas un mauvais album.
C'est mon humble avis.
Autrement je lis tes chroniques régulièrement avec intérêt.
PS : faut arrêter avec Operation Doomsday, sérieux.

7. Le samedi 30 octobre 2010, 13:18 par Professor Pyarelal

Cet album est une honte inassumable

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet