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DIE YOUNG & DEESKEE - Ravish

, 23:40 - Lien permanent

Avant cet album, Die Young n'avait jamais semblé le plus remarquable des Shape Shifters. Il avait beau s’époumoner comme un diable avec sa voix enrouée de rock star exaltée, il n'avait pas le charisme d'un Awol One ou d'un Existereo, ni la singularité d'un Circus. De son côté, même si cet autre homme était au centre de la scène rap indé californienne, de par son site et label LA2theBay, les beats du producteur Deeskee avaient parfois manqué d'audace et d'aventurisme.

DIE YOUNG & DEESKEE - Ravish

Biofidelic Records / LA2theBay :: 2004 :: acheter ce disque

Chacun d'eux, pourtant, avaient su sortir quelques uns des albums les plus notables du West Coast Underground. Pas des chefs d'œuvre, non, mais des disques attractifs et plaisants. 2003 avait été leur grande année, Die Young ayant proposé avec le producteur M. Fusion un chouette Dead Air Project, tandis que Deeskee avait sorti ses propres Blacklight Sessions, ainsi que ses projets de fusion rap / free jazz avec Awol One, et The Grouch des Living Legends.

Les deux hommes poursuivaient sur cette lancée avec leur album commun, un autre exemple d'alchimie réussie entre un rappeur et son beatmaker. Ecoutez séparément les raps et les beats de Ravish et vous retrouviez nos bons vieux compères dans leurs registres usuels. Mais dans le même temps, sur ce disque concept idéalement court et inspiré par les films d'horreur (Die Young y incarnait un chasseur de vampires), ils se montraient admirablement assortis.

Avec Deeskee, Die trouvait l'appui idéal, celui qui savait mettre en valeur sa voix rauque de rockeur torturé, à grands coups de guitares ("Dazed", "Run Into The Sun", "Vampire Hunter", "All of Me"), de piano mélancolique ("Chainletter") et de samples cramés mais futés (les premières notes du "Caroline No" des Beach Boys sur "White Oleander", celles du "Child In Time" de Deep Purple sur "Carnival").

Sur Ravish, Die Young était chez lui, il dictait les règles, il faisait son truc. La preuve, quand d’autres MCs pourtant mieux cotés que lui venaient lui rendre visite (Busdriver et 2Mex sur "Dissapear", Existereo et Awol One sur "Ghostwriters"), ça ne fonctionnait plus vraiment. Seul le renfort d’Akuma et de LifeRexall sur "Chainletter" apportait quelque chose, sans doute parce que les trois rappeurs avaient l’habitude de se côtoyer au sein des Chainsmokers. Die, en fait, n'avait ici besoin de nul autre que Deeskee pour achever l'un des albums les plus sympathiques et les moins inégaux jamais proposés par les Shape Shifters.

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Commentaires

1. Le samedi 16 juillet 2005, 09:46 par kreme

C'est vrai que ce Ravish est chouette. Mais contrairement à toi, je n'en attendais pas moins de la part des deux bonshommes.

2. Le jeudi 9 avril 2009, 09:38 par Amish

Je suis bien d'accord avec tout ça , c'est un super album !
Ce que j'adore le plus je crois c'est le mélange du hip hop et du "rock" bien présent aux US (genre Vampire Hunter me fait penser pas mal aux Doors)
Un album a écouter !!!

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