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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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BUSDRIVER - Fear of a Black Tangent

, 19:58 - Lien permanent

Rien à faire. Busdriver déborde de talent. Ca crève les yeux et les tympans. Et pourtant, sur disque, même avec la meilleure volonté du monde, ça ne marche jamais complètement.

BUSDRIVER - Fear of a Black Tangent

Mush Records / Big Dada :: 2004 :: acheter ce disque

Quelque chose cloche avec Busdriver.

Tenez, prenez ce nouveau disque, sorti et disponible partout en France via Big Dada. Sans conteste, il est le plus séduisant à ce jour de l'impressionnant MC californien. Les beats sont infiniment supérieurs aux horreurs qui servaient de décorum à Memoirs of the Elephant Man et à This Machine Kills Fascists, les albums sur CD-R d'il y a quelques années. Pour un large public, il est plus accessible que le culte Temporary Forever. Et il est bien moins bâclé que le frustrant Cosmic Cleavage de l'an passé. Fear of a Black Tangent a tous les atours nécessaires. Une production finement ouvragée et variée à souhait assurée par des Omid, des Thavius Beck / Adlib, des Deadelus, etc. Le titre électronique enlevé ("Low Flying Winged Books"), la petite ritournelle sur piano ("Avantcore"), la rythmique entre bounce et jungle, l'instru à la guitare acoustique ("Unemployed Black Astronaut") sont là. Il y a tout ce qu'il faut. Vraiment.

Pourtant quelque chose cloche. Quelque chose qui a toujours cloché avec Busdriver. Lui-même n'est pas en cause. Son talent est là, il crève les yeux. Le plus digne héritier récent du Project Blowed n'a pas usurpé son titre. Son rap rapide, ses paroles loufoques et son sens prononcé de l'autodérision (notamment sur l'insignifiance de son public...) ne sont rien moins que réjouissants. Mais ça ne colle pas. Son flow ne convient pas aux beats. Il n'a jamais convenu aux beats. Comme si, trop spécifique, trop virtuose, Busdriver ne parvenait jamais à trouver le bon partenaire. Ou occasionnellement, le temps de rares instants de grâce, sur The Weather ou ailleurs. Et ce n'est malheureusement pas ce Fear of a Black Tangent sympa, joli, cool (et plein d'autres qualificatifs à double sens et faussement louangeurs) qui dément cette maudite règle. Rappeur trop atypique, Busdriver peine à trouver la bonne maison.

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