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ISMAILA - Mark of the Zebra

, 17:25 - Lien permanent

Ismaila passe adroitement du rap battle au songwriting. Cela vaut quelques réussites, par exemple quand mcenroe est aux commandes. Mais sur l’ensemble, la production de Kutdown pose problème.

Frek Sho :: 2005 :: acheter ce disque

Winnipeg, c’est le label Peanuts & Corn dont l’excellence n’est plus à prouver, mais ce n’est pas tout. C’est aussi le collectif Frek Sho, qui avait eu droit à une mini exposition il y a quelques années, au moment de l’essor des rappeurs du gouffre sur Internet. Or, l’actualité de Frek Sho ces derniers mois, ce sont des albums solos sortis par deux de ses membres, un premier pas franchement extraordinaire signé Shazzam et un autre plus notable par Ismaila. Ancien membre de Twisted Spirits (aux côté de Gruf de P&C), ce dernier s’est forgé une réputation par son rap de battle et ses talents de freestylers. Mais ce n’est pas le registre choisi pour ce nouveau disque. Sur Mark of the Zebra, Ismaila laisse de côté le emceeing démonstratif, même si les références à son passé et les hommages à la culture hip hop sont nombreux, et prend le parti d’écrire des chansons, puis de les entonner d’un rap limpide et d’une voix grave, épaulé à la production par Kutdown.

Et le début au moins de cet album est réussi. Il commence fort avec "Way Back When", un titre où Ismaila se livre à l’habituel résumé de son parcours, servi admirablement par une guitare acoustique, un violon, une percussion soutenue et un "It is to life to my final mic check" récurrent. Le titre suivant, "Longtime", parvient aussi à instaurer une ambiance étouffante. Et deux plages plus loin, il y a "I Live For Her", le petit bijou de l’album, l’histoire d’un père qui se bat pour la garde de sa fille sur une production reconnaissable entre mille de mcenroe. Une production moyenne de mcenroe, autant dire une production excellente. Malheureusement pour ce disque, tous les beats ne sont de ce niveau. Kutdown semble bien maîtriser sa formule (une boucle sobre et sombre, quelques extraits de classiques rap pour accompagner le propos), mais son travail n’a rien d’impressionnant. Passé le premier tiers de l’album, excepté peut-être sur un "Catfight" atypique qui joue aux Neptunes, l’ennui pointe son vilain nez. La production est le gros talon d’Achille de Mark of the Zebra.

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