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OUTERLIMITZ - Suicide Prevention

, 14:48 - Lien permanent

Qwazaar des Typical Cats ressuscite son ancien groupe et lui fait sortir un premier album officiel. Tout n’y est pas réussi, mais certains beats de Silence sont parmi les plus audacieux jamais entendus sur Galapagos4.

Galapagos 4 :: 2005 :: acheter ce disque

Avant de signer sur Galapagos4, de devenir l’un des Typical Cats et de sortir son premier solo, Walk Thru Walls, Qwazaar a co-fondé Outerlimitz, un collectif chicagoan à géométrie variable abonné aux freestyles radiophoniques. En 1998, le groupe est parvenu à sortir un album autoproduit, Wrong Actions for the Right Reasons, mais depuis, il a cessé de vivre et ses membres se sont dispersés. Cependant, notre bonhomme a récemment souhaité le remettre sur les rails. He.llsent (ou H.E.), un autre membre d’origine, ainsi que le producteur Silence l’ont aidé dans cette tâche, et Suicide Prevention, un album mixé par The Grouch des Living Legends, est le produit de cette résurrection.

Un piano qui glace le sang, une rythmique pas facile, une voix sentencieuse venue d’outre monde, un rappeur qui s’exprime sur le destin des hommes comme si l’apocalypse était pour demain et des lalas féminins et spectraux en conclusion. Manifestement, à écouter le "Good Mourning" qui ouvre l’album, ça ne rigole pas chez Outerlimitz. On s’aperçoit rapidement que Qwazaar et He.llsent cultivent la même tonalité grave et urgente, qu’ils s’entendent à merveille pour parler de menaces planétaires et que, pour peu, cet album aux airs de signal d’alarme pourrait hâter le suicide plutôt que le prévenir. Mais fort heureusement, cela n’est pas tout. Les chants de Kendall Johnson-Smith et Golda Supernova qui accompagnent une poignée de morceaux sont plutôt bien sentis, les cuts de DJ Presyce présents sur la moitié des plages apportent ce qu’il faut de dynamique et les exercices de type battle assaisonnent le tout d’une touche légèrement ludique.

Et puis il y a Silence. Ses beats ne sont pas plus joyeux que les paroles, au contraire, bien au contraire. Mais ils ont ce qui manque souvent aux sorties Galapagos4 : l’audace. C’est claironné bien fort dans le dossier de presse, et à juste titre : les Outerlimitz ne se contentent pas du boom bap. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions, ça vise parfois à côté (avec les flûtes pénibles de "Prevention" ou les sons orientaux de "Other side of Nothing") et le sampling éhonté et accéléré du "Paperhouse" de Can sur "Frozen Sky" fera difficilement oublier l’original. Mais à d’autres reprises, Silence fait mouche, par exemple avec l’ambiance malsaine et les accélérations de "Nightmare". Le producteur fournit même l’armature d’un petit hit sur un "Packaged in Plastic" rythmé et chanté tout comme il faut. Ces quelques bons points ne suffisent pas à faire de Suicide Prevention l’un des indispensables de l’année ou du catalogue Galapagos4, mais ils montrent que la réactivation d’Outerlimitz n'était pas forcément une mauvaise idée.

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