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STICK FIGURES - Stick Figures

, 16:08 - Lien permanent

C’est dans les vieux pot(hole)s qu’on fait les meilleures soupes. Jamais cet adage n’a semblé aussi vrai que pour ce festival de hip hop 90’s qu’est le disque des Stick Figures, en tous cas dans sa première partie.

Galapagos 4 :: 2005 :: acheter ce disque

Ouais, OK, mais là ils trichent. Pour leur disque commun sous le nom de Stick Figures, Robust et Prolyphics rappent sur des sons qui, sur une bonne moitié du disque, sont un festival de hip hop du milieu des 90’s. Il y a d'abord ce mélange de samples soul avortés et de piano / violon bringuebalant cher au Wu. La formule est là, bien en évidence, sur trois morceaux au moins ("Headtrip", "King of the Mountain", "Two Deep"). Il y a aussi du jazz-rap bien senti comme à l’époque. Comment, par exemple, ne pas se dire que le saxophone et le piano de "Dust Til Dawn" ont été entendus maintes fois ? Jamais ailleurs que sur ce disque Galapagos4 n’a autant mérité d’être traité de label rap conservateur. D’autant plus que les thèmes abordés (l’Amérique est méchante, la vie n’est pas facile, j’appelle Dieu à l’aide, mais heureusement, il y a le hip hop et la fumette) sont plus que jamais les incontournables du genre. Ceci dit, ça marche tout de suite, c’est efficace, le temps de quelques écoutes au moins. Robust et Prolyphics nous accueillent dans un décor familier, et c’est fort confortable.

Mais le disque des Stick Figures ne se résume pas totalement à cette musique d’un autre temps. A mi-chemin, finis les bangers et les vieilles recettes. Ca change de rythme, Robust et Prolyphics nous ramènent vers ce rap lent et introspectif fréquent chez Galapagos4. Et comme d’habitude, ça passe ou ça casse. La plupart du temps, ça aboutit à des beats particulièrement rasoirs ("Whats Left", "2nd Hand Love", "Smoke Signals"). Mais d’autres fois, ça fonctionne vraiment, comme sur ce "Cowboys and Indians" qui nous affirme que l’Amérique n’a pas beaucoup changé depuis le massacre des Indiens. C’est même parfois remarquable, comme sur "I Can Tell", un long hommage aux vertus de la marie-jeanne, complétement bateau comme toutes les paroles de ce disque, mais fort joli.

L’album des Stick Figures est donc bon, parfois, par endroits et dans les moments où il rappelle de vieux souvenirs. Souhaitons-lui de devenir lui-même l'un de ces souvenirs durables. Car cela n’est pas gagné.

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