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SARATONIN - Sirens

, 21:10 - Lien permanent

Saratonin ajoute une pincée de féminin au hip hop de Winnipeg, mais dans un registre trip-hop peut-être trop attendu, et où malgré quelques très bonnes productions, cela ne fonctionne jamais complètement.

Autoproduit :: 2005 :: acheter ce disque

Jusqu'ici, ça manquait de filles autour de Peanuts & Corn, et par extension sur l'ensemble de la scène de Winnipeg. Saratonin vient de remédier à cela, en sortant en autoproduction ce court album de huit titres où figurent de vieilles connaissances comme Yy et The Gumshoe Strut. Originaire de Calgary, la jeune artiste a commencé par écumer les raves et par accompagner des DJs drum'n bass à la fin des années 90. Son look atteste d'ailleurs de cette première période. Toutefois, un peu plus tard, elle s'est liée à des producteurs de hip hop et elle a commencé à s'exprimer sur leur musique. Sirens est le résultat de ces collaborations. Pour autant, Saratonin ne rappe pas. Elle chante, sur des beats sombres et lents qu'elle qualifie elle-même de trip hop, façon Portishead vintage, avec en sus un peu de maniérisme vaguement r'n b. Dans le registre habituel au genre, elle raconte des histoires de jeunes filles confrontées à la vie, d'amours déçus et de relations compliquées.

Toute en beats lourds, en basses pesantes, en nappes, en percussions tourmentées, en boucles fantomatiques, la musique est bonne. Les producteurs auxquels Saratonin s'est liée (Merky Waters, Kutdown, The Gumshoe Strut, Gnome) ne se sont pas moqués d'elle. Mais quelque chose ne colle pas entre le chant de la dame et le son des messieurs, comme si cette rencontre tardive entre Saratonin et le hip hop n'avait pas encore porté pas tous ses fruits. On voit clairement où la chanteuse veut en venir, mais cela ne fonctionne pas toujours. Il y a des chantonnements irritants, des effets vocaux trop forcés. Ironiquement, les trois titres les plus marquants sont ceux où un compère rappeur vient apporter un peu de répartie à Saratonin ("Time", "Tables Turned", "She Never Learns"). Une autre plage mérite les honneurs, le très beau et très posé "Phone Machine", où la chanteuse n'est accompagnée que d'un beat simple et d'une guitare acoustique. Mais des titres comme "This Urge" et "Burnt by Angel" se montrent assez exaspérants. C'est donc du fifty-fifty pour Sirens. Quatre bons titres contre quatre plus discutables. On aimerait donc découvrir une suite, revenir à Saratonin quand la symbiose se sera améliorée avec ses amis producteurs. Mais aux dernières nouvelles, la chanteuse a décidé de quitter Winnipeg pour s'installer à Vancouver.

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