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AWOL ONE & DADDY KEV - Killafornia

, 17:31 - Lien permanent

Cinq titres seulement pour la dernière sortie commune d’Awol One et de Daddy Kev, un disque en demi-teinte où une fois de plus, l’inimitable rappeur californien à la voix rauque joue le rôle d’attraction principale.

Alpha Pup Records :: 2005 :: acheter ce disque

C’est la dernière livraison commune du trio Awol One, Daddy Kev et D-Styles et elle est sans surprise. C’est-à-dire fort sympathique. Daddy Kev, qui n’a jamais été un producteur fantastique, ou alors par inadvertance, propose une poignée de beats efficaces, fonctionnels, appropriés aux textes, avec parfois une coloration très rock, façon gros riffs qui tâchent. En complément, D-Styles livre ici quelques scratches bien sentis. Et pour couronner le tout, Awol One s’exprime. D’emblée, il tape fort en s’en prenant férocement aux wannabe rappeurs ("The Unwanted"). Mais attention, pas à n’importe lesquels. Il tape sur l’Internet MC, sur celui dont les idoles sont nos artistes hip hop indés préférés : "he wants to be bigger than Atmosphere, he said he wants to battle Sage Francis on a record, he said he wants to be smart like Aesop and El-P, he said that he wants to battle the Shapeshifters". Ce jeune homme a de l’ambition, et d’autres modèles encore. Mais Awol One clôt l’affaire une bonne fois pour toutes par un "This is a song about a kid (…) talking about how lyrical he is, in is bedroom, on a computer, in the middle of nowhere". Plus tard, notre rappeur développe le titre et la pochette de cette nouvelle sortie et s’en prend à la Californie ("So Familiar"). Ailleurs, ce sont ceux qui ne s’assument pas, les tricheurs, les faussaires, ceux qui refusent d’être ce qu’ils sont, qui deviennent la cible de notre homme ("Unlucky Number").

Et tout cela, c’est de l’Awol One tel qu’on l’aime. C’est sa voix grave et éraillée. C’est ce rappeur précieux qui, au lieu de donner dans la logorrhée rap habituelle, s’efforce de se faire entendre, en marmonnant ou en articulant quand il faut, en chantant même, en plaçant les bonnes intonations là où il faut, quitte à pousser insupportablement dans les aigus (sur "So Familiar" et sur "Dead Bartender"). Le MC s’en prend à ceux qui le débectent, ses paroles sont souvent vachardes, mais jamais complètement méchantes. Derrière point une bonne dose d’autodérision. Témoin ce mémorable "I’m so underground I should be a potato" ou d’autres sorties encore pleines d’humour absurde façon "It’s not my fault like San Andreas’". Tout cela ne suffit pas à faire de Killafornia une tuerie, loin s’en faut. Mais on tâchera tout de même de faire une petite place à ce disque dans notre discothèque, dans une section déjà fort bien garnie, entre l’inégal Souldoubt, l’album des tubes et de la hype, Slanguage et ses divagations free-jazz et Number 3 and the Phone, l'album le plus accompli jamais sorti par les compères.

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