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MAKER - Shooting the Breeze

, 11:38 - Lien permanent

Rien de bien mémorable sur le dernier album de Maker, son premier véritable solo. Rien que du hip hop instrumental d’apparence ordinaire. Méfiance, cependant. Les œuvres du bonhomme ont la fâcheuse habitude de se révéler bien supérieures à ce qu’elles semblent au fil des écoutes. Alors, pourquoi pas celle-là ?

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En 2003, Maker sortait son premier album, Honestly. A première vue, cela n’était qu’un disque de producteur hip hop de plus. A part peut-être l’excellent "Uphill Climb", rien de fondamental ne semblait se dégager de cet ensemble qui alternait, selon une formule éprouvée, plages instrumentales et titres rappés. La liste des MCs invités à poser leur voix sur les instrumentaux de Maker avait pourtant de quoi mettre la puce à l’oreille. Elle comprenait une belle brochette de rappeurs de Chicago (Qwel, les Nacrobats, Lord 360, Thawfor) ainsi que quelques voix plus lointaines (Adeem des Dorian Three, Josh Martinez et Governor Bolts). Tous ces gens ne se retrouvaient pas là par hasard. Mais ce n’est qu’au fil des mois et des écoutes que l’album prenait de l’ampleur, qu’il révélait sa vraie saveur et les potentialités de Maker. Potentialités largement confirmées depuis avec deux des meilleurs albums hip hop sortis ces dernières années, le Seconds Away de Glue (Adeem, Maker et DJ Dq) et The Harvest, disque commun avec Qwel.

La même impression se dégage à l’écoute de Shooting the Breeze, le nouvel album du producteur, son premier solo véritable. Celle d’un hip hop instrumental agréable, bien foutu, mais ordinaire. Sans doute conscient qu’un disque sans parole peut rapidement lasser, Maker a épicé son plat d’arômes exotiques, sitars sur "Mango Lassi" et chants indiens sur "Augusta 90B", reggae sur "Remember the Name", voix latine sur "La Saluda". Il s’est permis aussi de poser des "lala" easy listening sur "Shooting the Breeze". Enfin, il s’est livré à un véritable travail de fourmi sur les percussions, toujours très présentes. Pourtant, la fâcheuse impression de banalité perdure, et elle peine cette fois à s’estomper. Il y a bien quelques moments haletants, comme ce "Live It" en deux mouvements. Mais ironiquement, et tout compte fait fort logiquement, l’unique titre vraiment saillant de cet album est "Broken Promises", le seul où figurent quelques paroles, reprises par Maker à quelque chanteuse hippy. Le reste peine à décoller. Prudence, toutefois. Patience. Car c’est toujours sur le long terme qu’un nouveau Maker s’apprécie.

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