Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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PARIS ZAX - Unpath’d Waters

, 23:03 - Lien permanent

Alpha Pup Records est le nouveau label de Daddy Kev. En principe, ça promet. Malheureusement, c'est par un disque pas trop mal fichu, mais plat et soporifique, que les festivités commencent.

Alpha Pup Records, 2005

Exploser, connaître la consécration, est l’affaire d’un concours de circonstance, d’un savant mélange de facteurs où entrent en ligne de compte autant l’opportunisme, l’air du temps, le réseau relationnel, le copinage et l’assurance que le talent véritable. Après, certes, le tribunal du temps fait son effet, il réhabilite les uns et condamne les autres. Mais sur le coup, nous ne sommes jamais vraiment certains de voir émerger les meilleurs. Regardez donc la scène hip hop dite West Coast Underground. C’est énorme, c’est gigantesque. Ces gens ont de l’or entre les mains. Et pourtant non. Entre promotions mal gérées, méconnaissance de leur potentiel, disques mal ficelés, ils n’obtiennent pas la reconnaissance qu’ils méritent. Enfin si, ça arrive, par la force des choses, mais doucement, trop lentement, année après année. Et tout ça parce qu’ils se débrouillent mal. La preuve encore avec ce nouveau label, Alpha Pup Records, lancé par Daddy Kev et dont la première sortie, décisive pour l’avenir d’un label, s’avère d’une platitude à toute épreuve.

Paris Zax, on le connaît, notamment pour avoir produit Busdriver. Son principal fait d’arme, d’ailleurs, c’est le beat de ‘Imaginary Places’, le morceau phare du conducteur de bus, sa signature. Mais il faut bien l’avouer, l’essentiel de l’intérêt de ce titre provenait d’abord du rappeur lui-même, sinon de ce bon vieux Jean-Sébastien Bach. Pas du producteur. En somme, Paris Zax a encore beaucoup à prouver. Et malheureusement, cela reste le cas après cet Unpath’d Waters, album abstract hip hop mou du genou, exercice jazz downtempo anodin et transparent. Tiens, à propos de jazz, il paraît que deux figures du genre sont invitées ici, à savoir Bob Elford et Snooky Young - ainsi que Will Dog, guitariste d’Ozomatli. C’est cool, ça doit apporter du cachet. Mais, ça ne change rien au résultat, Unpath’d Waters reste un vulgaire disque de rap instrumental, super sympa, super bien fichu et super soporifique. Moi je l’aime bien Paris Zax. Quand j’ouvrirai un hôtel, c’est promis, je mettrai son disque en fond sonore partout. Dans l’ascenseur, dans le salon, dans la piscine, tout ça. Ca ne gênera personne et si en plus ça peut lui donner un coup de pouce... Mais en attendant, j’attends quelque chose de plus mémorable de sa part, et surtout de la part d’Alpha Pulp Records. Tiens, le prochain Awol One par exemple, en voilà une chouette idée.

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