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M. FUSION - Dead Air / Expo '70

, 22:58 - Lien permanent

Tout petit buzz sur le net francophone l'an dernier autour du producteur hip hop californien M. Fusion, mais ses deux albums justifient-ils vraiment cet engouement ? Eh bien oui, plutôt

Nice Records / La2thebay :: 2004 :: acheter ces disques

C'est une histoire en deux actes qui a valu à M. Fusion de devenir un court instant le chouchou du public hip hop. Enfin, du public hip hop sur le Web, pour être plus exact, ce qui relativise. Un public exclusivement français, qui plus est, ce qui relativise davantage. Et encore, juste une partie de ce public.

Producteur hip hop californien, M. Fusion sort en 2003 un album avec Die Young des Shapeshifters, Dead Air. Bien sûr, comme tout album de l'entourage des Shapeshifters qui ne sort pas chez Mush, celui-ci passe totalement inaperçu. Sauf de l'impeccable West Coast Indies, webzine au contenu fort appréciable à côté duquel tout critique français qui se hasarde à parler de hip hop West Coast Underground n'est qu'un suiveur sans âme, votre serviteur le premier. Quelques mois plus tard, en 2004, au moment où M. Fusion sort Expo '70 sous son seul nom, toujours épaulé par Die mais aussi par Existereo, Subtitle et Akuma, un magazine en ligne un peu plus gros et plus visible que le précédent prend le relais. D'autres gens découvrent alors M. Fusion, achètent son disque, l'adorent ou l'abhorrent, crient au génie, à l'arnaque, se taisent ou s'en moquent comme d'une guigne. Une histoire banale en somme.

Et sinon, en dehors de cette micro histoire, il vaut quoi ce M. Fusion ? Eh bien, il est sympa. Avec toutes les connotations tout aussi louangeuses que péjoratives que comprend l'adjectif "sympa". La musique est très démonstrative, avec ses boucles de guitare (je suis sûr que celle qui agrémente le très bon "I Love You" est célébrissime, aidez-moi), de synthés de science-fiction ou de film à suspense aussi bonnes et écoeurantes qu'un vieux bonbon Krema. Les beats parviennent même à nous rendre plus agréable l'épreuve que nous impose par moments le braillard Die Young, définitivement pas le plus mémorable des Shapeshifters (il faut le subir, son gonflant "Feel the Fear"). Les deux albums sont d'ailleurs totalement comparables. Seules différences notables : une meilleure première moitié pour Dead Air, une meilleure seconde pour Expo '70, et une petite prime de légèreté pour le même. Sinon, même sens de l'accroche sur les morceaux courts, mêmes longues plages lassantes, même musique aussi vite digérée qu'ingérée. Deux albums, sympas donc. Deux petits plaisirs passagers qu'il ne faut ni exagérer ni négliger.

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