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THE GOODS - 4/Four

, 23:52 - Lien permanent

Attendu et annoncé depuis 5 ans, le quatrième album des Goods et successeur du très prisé Dream Sequence contient quelques petits bijoux, mais pâtit de sa longueur. Cette fois, Halifax n'ajoutera pas un nouveau disque à la longue liste des classiques hip hop.

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Depuis 5 ans, Halifax en trépignait. Le quatrième album des Goods, sobrement intitulé 4/Four, n'est sorti que ces derniers mois. Certes, entre-temps, Kunga219 n'a pas chômé. En 2000, il s'illustrait en solo sur Tharpa's Transcripts. L'an dernier, il retrouvait son vieux DJ, Gordski, et se joignait à Tachichi pour aboutir à un décevant Elaborate Neurotics. Mais il tardait à ceux qui chérissent (à raison) le hip hop canadien de découvrir le successeur du fort recommandé Dream Sequence. Le voici donc, plein de 17 morceaux très denses et d'une flopée de MCs canadiens en vue, de Pip Skid à Tachichi, en passant par Birdapres et Josh Martinez. Même Gordski s'y improvise rappeur et pousse la chansonnette.

A l'instar de l'album de Roosevelt Tharpa, ce nouveau Goods est d'un classicisme rap à toute épreuve. Cela est vrai dès "On the Level", pur festival de turntablism et d'ego-trip, et cela n'est jamais démenti. Tout au long de l'album, Gordski choisit la bonne boucle et ne la maltraite qu'en clôture de morceau, comme bien d'autres avant lui, tandis que Kunga s'adonne à un rap littéraire et compliqué, mais moins grave que sur ses oeuvres solos, davantage capable d'humour et de dérision. Pour tout faire comme il faut, les Goods y vont même de leur passage obligé nu-soul avec une sérénade chantée par Kaleb Simmons sur "What they Need", l'un des morceaux de trop sur cet album.

Ce dernier titre n'est malheureusement pas le seul faux pas, car 4/Four a le défaut classique et habituel des disques trop longs. Les réussites y sont nombreuses. "Filter Material", "Control the Elements", "The Lowdown", le dansant "Eff", "Kunga's Mission", "Morphine" sont tous de bons titres. Jamais tonitruants, jamais exagérément accrocheurs, non, loin de là. Bons, simplement. Mais à eux tous, ils ne forment à grand peine qu'une moitié du disque. Moins bien que Dream Sequence, mieux qu'Elaborate Neurotics, plus "rap normal" que Tharpa's Transcripts, ce quatrième album des Goods rejoint la vaste catégorie des disques qui valent le détour mais n'entreront jamais dans les annales.

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