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DONKISHOT - Dulcinee

, 17:50 - Lien permanent

Il va falloir s'y faire. Cantonné à un rôle d'Internet MC, Donkishot sortira tous les 6 mois un album enregistré avec les moyens du bord, continûment, ad vitam eternam, jusqu'à épuisement total. Sur ce nouvel album, ça devait arriver, Donkishot nous parle de sa dulcinée. Ou, plus largement, des femmes, de l'amour, du sexe, et même de son enfant.

Autoproduit :: 2004 :: acheter ce disque

Il va falloir s'y faire. Cantonné à un rôle d'Internet MC (avec tout de même, en prime, quelques interventions live rares mais remarquées), Donkishot sortira tous les six mois un album enregistré et manufacturé avec les moyens du bord, continûment, ad vitam eternam, jusqu'à épuisement total. Celui-ci est à peine chroniqué ici (très en retard il est vrai) qu'un autre est disponible depuis plusieurs semaines déjà. Et qu'un troisième, sans doute, se prépare.

Sur ce quatrième album, ça devait arriver, Donkishot nous parle de sa dulcinée. Ou, plus largement, des femmes, de l'amour, du sexe, et même de son enfant (certes avorté, et sans doute inventé). Pour l'occasion, il a paré son disque d'une charmante couleur rose et d'un dessin façon sous-vêtements en dentelle. Ce n'est pourtant pas dans l'univers convenu et coquin du film érotique du dimanche soir que le rappeur nous entraîne. Bien au contraire. L'album est plein de violentes charges machistes et misogynes ("2015", "Super Pouf", "Si Dure"), évidemment contredites ci ou là par des aveux de faiblesse et de lâcheté face au beau sexe. Contrairement à son prédécesseur espagnol, ce Don Quichotte là sait parfaitement que sa dulcinée est une putain.

Comme toujours, et à l'image cette fois de l'homme de la Manche, Donkishot se montre simultanément grand et pathétique, sublime et ridicule. Quelquefois, il s'adonne à d'horribles platitudes et banalités, comme sur "Proxénète", un morceau hors-sujet et rempli de poncifs contre le méchant Etat voleur (mais vous n'aurez pas, non vous n'aurez pas, sa liberté de penser) ou comme sur "Laissez-les", message de tolérance destiné aux gays, contrepartie trop évidente aux outrances du début. D'autres fois en revanche, ça fonctionne, comme la déclaration d'amour pornographique de "Soif de Toi", comme "TV Crevée", comme le blues électronique de "Le Fond" ou comme "Notre Enfant", un titre trop forcé mais qui fait son effet. Dans un troisième cas, enfin, des paroles qui portent sont gâchées par des beats plus cheaps que jamais, volontairement erratiques, mais qui ne soutiennent qu'à moitié les paroles ("Sans Toi", suite casse-bonbon du brutal "Sang Toi").

Ainsi va Donkishot. Avec Dulcinée, il nous livre une nouvelle tranche de vie, il s'offre une nouvelle séance de thérapie, une énième. Pour lui, tout compte sur ce CD. Pour nous, quelques perles seulement, moins éclatantes que celles des albums précédents. Le temps de les trier, et ce rappeur qui n'en est pas vraiment un est déjà passé à autre chose.

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