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OCTAVIUS - Audio Noir

, 22:04 - Lien permanent

Séance de rattrapage pour tous ceux qui n'ont jamais entendu parler du recommandable Electric 3rd Rail. Octavius revient sur Mush et avec une meilleure distribution pour un second album de hip hop / post rock / musique électronique décalé intitulé Audio Noir.

Mush :: 2003 :: acheter ce disque

Mush est LE label indispensable dès qu'il s'agit de mettre en lumière un artiste égaré en marge du hip hop, voire carrément au dehors. Dernier bénéficiaire en date, le producteur et rappeur Octavius (alias William Marshall), qui peut espérer aujourd'hui une bien meilleure exposition qu'au temps de Electric Third Rail. Sorti il y a trois ans et co-signé par le producteur 4AM, ce premier disque de rap aventureux perdu aux confins de la musique électronique et du post rock était alors passé inaperçu, les critiques avaient été rares (quelques lignes dans The Wire et sur de rares webzines) bien qu'élogieuses et prodigues en comparaisons ô combien appétissantes avec Merzbow, Tricky, Flying Saucer Attack, Joy Division ou My Bloody Valentine.

Le titre (Audio Noir) et la pochette (une photo du camp de Terezin accompagnée sur boîtier d'un rappel historique) annoncent assez clairement qu'on ne va pas plus rigoler sur ce nouvel album que sur son ténébreux devancier. L'ambiance lourde et opaque demeure sensiblement la même et l'équipe (aux côtés du leader, nous trouvons le producteur Nathanial Eras, le guitariste Giovanni Cruz et quelquefois le fidèle 4AM) propose une fois encore une succession d'instrus nerveuses et de compositions apaisées sur lesquelles Octavius pose parfois ses susurrements ou ses harangues rap. Nous sommes donc loin de la rupture et de l'album accessible promis par l'auteur, même si cette fois les pauses et l'identité des morceaux sont mieux marquées.

Le risque, avec toute la noirceur et toutes les étrangetés qui dominent cette musique, est bien identifié. Il s'appelle prétention, complaisance. Celles-ci ne sont jamais bien loin, mais Octavius relève le défi avec adresse et avec assurance. Comme son prédécesseur, l'album évite le piège de l'ennui et propose son petit contingent de merveilles, façon beau titre évanescent et sans parole ("Surprisingly Concerned with one Another") ou façon uppercut ("Cellophane"). Même s'il manque à Audio Noir un titre de la force de "A Cure" pour égaler Electric Third Rail, ce nouveau disque est tout autant recommandable.

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