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NOAH23 - Quicksand

, 22:13 - Lien permanent

Depuis leur émergence, le rappeur Noah 23, le producteur The Orphan et leurs congénères du label canadien Plague Language divisent les amateurs de hip hop indépendant. Quand certains voient dans les oeuvres de tous ces gens un renouvellement capital et bienvenu du genre, une sorte de rap avant-gardiste abouti, d’autres plus sceptiques n’y retrouvent qu’un insignifiant et pénible rap de hippy. Soudainement disponible en France et en Europe après une première carrière en 2002 dans l’underground hip hop, l’album Quicksand, le deuxième de Noah 23, montre, comme souvent, une vérité intermédiaire.

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Comme son prédécesseur (Neophyte Phenotype), Quicksand pousse à leur paroxysme toutes les caractéristiques du college rap apparu ces derniers années. Les productions sont variées, osées, elles n’hésitent pas à se frotter à la drum’n bass et affichent une prédilection fréquente pour la guitare acoustique (Noah 23 ne reconnaît-il pas écouter Simon & Garfunkel sur "Volapuk", avant de citer les Peel Sessions ?). Le emceeing s’avère tout aussi éclectique, avec un phrasé élastique porté sur les changements de rythme et des paroles particulièrement alambiquées, indubitablement inspirées par les expériences narcotiques du rappeur et par son épais dictionnaire. Constatez-le par exemple avec cet extrait de "Imhotep" (recopié, pas déchiffré, fort heureusement) : "Molly Ringwald glossolalia ganglion, halcyon vector crescendo. diagnol anchor, canker sore, faith no more, one in the chamber, rotisserie oblivion, slingvolt shiskabob, squeaky fromme, symbiot, kilopascal slackjaw alfalfa sprout, working the graveyard paradigm shift".

Vu de loin, sur le papier, Noah 23 et ses producteurs remplissent au mieux le cahier des charges du parfait disque de hip hop. Quicksand est riche comme il faut, varié, extraordinairement inventif, il regorge de détails. Et pourtant (est-ce la faute d’une poignée de facilités musicales, de guitares ou de pianos grossiers ?), il peine à décoller. Seuls quelques titres ("Saw Palmetto", "Octave", "Hourglass", "Imhotep") ou quelques passages (l’orgue qui déboule au milieu de "Banded Hairstreak") sont vraiment mémorables. Le reste est joli, il est arty. Mais il n'est jamais substantiel.

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Commentaires

1. Le jeudi 18 janvier 2007, 09:40 par Fake For Real

Avec le recul, je pense que je n'ai pas été très honnête avec ce disque. Je l'aime plus que je n'ai voulu l'avouer.

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