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EXECUTIVE LOUNGE - Executive Lounge

, 22:58 - Lien permanent

Après avoir livré deux des tous meilleurs albums de 2000, 75 Ark va-t-il suivre une regrettable évolution à la Rawkus ? On n'en est pas encore là, mais le très sage premier album de l'Executive Lounge au complet n'est pas le truc hip hop le plus sexy sorti l'an passé, loin s'en faut. La preuve : si les critiques qui ont accompagné l'album à sa sortie ont été grosso modo bienveillantes, l'objet paraît déjà totalement oublié.

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Executive Lounge est un collectif de la Bay Area dont les membres les plus éminents sont d'un part Encore (révélé au monde par le "Waterworld" du projet Handsome Boy Modelling School et par l'album Self Preservation), et de l'autre son producteur Architect. A ces deux chefs de file s'ajoutent cinq autres MC's (Persevere, Grand, Turbin, Halekost et Dave Dubb) qui se sont également illustrés sur des oeuvres solos diverses et moins notoires, sans oublier la présence passgère de quelques instrumentistes, notamment de deux membres de Spearhead.

Ceux qui n'ont pas aimé Self Preservation risquent d'en avoir pour leurs frais avec cet album du Executive Lounge au complet : c'est à peu près la même chose, mais avec 5 rappeurs en plus globalement moins bons et un Architect pas franchement performant. Inutile de s'attarder à décrire l'ensemble : sur une bonne longueur, c'est typiquement la vieille formule inattaquable mais irrévocablement chiante à base de jazz linéaire et de flows pas loin d'être interchangeables. Alors évidemment, on est content quand ça change. On essaye tout du moins.

Les productions plus sombres d'Architect pourraient être les bienvenues dans cette ambiance trop quelconque. Mais rien à faire : "On Contact", "Identifi", "Taxes" (malgré une introduction méchante de Grand : "Fuck Miss America") et même le final "EXL", en dépit de ses six rappeurs et de son instru "fantôme", sont plats. Le producteur s'essaie aussi à un exercice de style avec "Past Life". Deux rappeurs y racontent sur trois mouvements leur vision du passé : Persevere d'abord sur une sorte de petit crissement funky, puis Halekost sur une instru plus ample à base de cordes synthétiques, et Persevere à nouveau sur le même fond qu'au début. Mais rien de cela ne dépasse le "pas mal". Même chose pour les deux instrumentaux qui viennent faire un petit tour ici pour du beurre.

De fait, seuls surnagent le petit hit "Unorthodox" et son beat rigolo. C'est maigre. Toutes les autres plages sont quelconques, s'y manifeste une sorte de hip hop d'ascenseur ou d'auto-radio, un rap à entendre dans les grands espaces sans vraiment l'écouter. Bref, rien de bien méchant ni de bien excitant, rien qui ne méritait d'attirer outre-mesure l'attention, si ce n'était sorti sur un label qui nous avait habitué à franchement mieux.

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