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SOSO - Birthday Songs

, 22:28 - Lien permanent

Il y a deux ans, notre chronique de Sour Suite s'achevait par une note positive, elle laissait entrevoir le meilleur pour l'avenir de soso. Ce meilleur, Birthday Songs n'en est franchement plus très loin.

Clothes Horse :: 2002 :: acheter ce disque

Les anniversaires ne sont pas bien gais chez le canadien soso, à en juger par les chansons particulièrement déprimées "entonnées" sur son dernier EP, Birthday Songs. Ce constat n'étonnera en rien ceux qui ont eu l'occasion d'écouter Sour Suite, un premier essai que le rappeur, DJ et producteur du Saskatchewan avait sorti en 2000. Ce nouveau disque reprend les mêmes sons squelettiques et dépouillés, la même ambiance sobre et dépressive. Le temps s'est écoulé pourtant depuis l'inégal premier EP. Non pas que soso, son comparse Epic et leur label Clothes Horse aient cessé d'être obscurs et de n'intéresser que deux ou trois webzines fureteurs. Mais le Canadien a eu depuis l'occasion d'éprouver ses talents de producteur sur le 8:30 in Newfoundland d'Epic et sur une partie du Friends 4ever de Pip Skid. Fort de ce passif, soso peut livrer aujourd'hui un EP plus abouti que le précédent.

Démonstration dès les premières notes de Birthday Songs : après "Waiting for the Harmonica to Drop", une première plage instrumentale à la guitare acoustique (l'harmonica ne viendra que bien plus tard), le rappeur entre dans le vif du sujet avec "It Goes", un titre où il évoque les malentendus qui ont conduit à une rupture durable avec sa girlfriend. Une guitare, un piano, quelques cordes en filigrane : "jamais plus d'un ou deux instruments à la fois" semble être le mot d'ordre du canadien. Et comme cela ne suffit pas, il en rajoute dans l'austérité avec la note quasi unique qui domine "For Ruby". Rien d'étonnant ceci dit, pour un titre dont le thème principal est la mort. Sur "Pretty Mound of Dirt", et avec un beat aussi rachitique que le précédent, tout juste habillé à mi-course par un piano élégant, soso hésite à regarder son passé en face. Sur "Dyke Look", le plus électronique des titres, le plus singulier musicalement et thématiquement, il affirme avoir l'aspect d'une lesbienne. Et sur "Birthday Song", sur un beat moins étouffant que les précédents, le rappeur nous apprend enfin quel anniversaire il célèbre, évoquant la grossesse non désirée de son amie.

Soso achève son disque quelques temps après par "We always Thought she'd be the First to Go", un final en guitare (toujours), violoncelle et harmonica qui n'est pas sans évoquer un Mazzy Star rap. Et c'est un compliment. Comme en mérite d'ailleurs l'ensemble du EP. Il y a deux ans, notre chronique de Sour Suite s'achevait par une note positive, elle laissait entrevoir le meilleur pour l'avenir de soso. Ce meilleur, Birthday Songs n'en est franchement plus très loin.

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