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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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SLUM VILLAGE - Trinity (Past, Present, and Future)

, 22:20 - Lien permanent

C'est un peu le disque de votre grand-mère. Cet album sonne comme s'il venait d’un autre temps. Et pourtant, ce temps n'a que deux ans.

Capitol / Delabel :: 2002 :: acheter ce disque

L’an 2000, souvenez-vous. Dans la foulée des bons disques de Mos Def et des Roots, du plus discutable quatrième album de Common et de quelques autres, le rap alors de mise voulait grandir et s'entichait de ses ancêtres. Opposant inutilement des musiques noires sacralisées (jazz, soul, funk, parfois reggae) au matérialisme ambiant, il confondait hommage justifié aux genres qui l'avaient irrigué et entreprise de momification. Toute cette famille avait alors trouvé son chouchou, son fils prodigue, son génie désigné, Jay-Dee, et celui-ci resortait le "classique" qu'il avait produit un peu plus tôt avec son groupe Slum Village, le pas si fantastique que ça Fantastic Volume II.

Deux ans plus tard, Slum Village revient avec une suite, Trinity (sous-titré "Past, Present, and Future" ; c'est bon, on avait remarqué leur propension à confondre les époques). Cette fois, Jay-Dee a quitté le groupe et ne s'occupe que de trois productions, mais cela n'empêche en rien d'autres beatmakers de prendre le relais et de perpétuer sa rythmique caractéristique, lente mais voyante, bourrée de basses et imprégnée de sons black. La transition d'un album à l'autre se fait avec d'autant plus d'indifférence et moins de surprise que les MC's de Slum Village se montrent aussi pénibles et laborieux qu'auparavant, malgré une nouvelle recrue légèrement au-dessus des deux autres, Elzhi.

Résultat : quasiment tout l'album est ennuyeux à mourir. Cette fois, pas de production en milieu d'album pour légitimer un tantinet la réputation de Jay-Dee. Tout sent fortement le renfermé, le rance et la naphtaline. Ah si, il y a bien un peu plus d'entrain en fin d'album, des samples plus variés, un tour presque dansant, qui relève un peu le niveau. Mais forcément, après un ensemble aussi indigeste, n'importe quelle variation dans la formule est la bienvenue. Bref, Trinity ne mérite pas un accueil différent de celui réservé au précédent album. A moins que les anciens fans de Slum Village qui ont autrefois présenté Fantastic Volume II comme un classique aient découvert depuis qu’ils s’étaient mentis.

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