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JEEP JACK - Personal Stereo Mix II

, 22:09 - Lien permanent

Année 2000, il y a tout juste deux ans, sortait sur un label de Boston au nom saugrenu la compilation d'un certain Jeep Jack. Depuis, le producteur et son label sont devenu notre chouchou, et c'est avec ravissement qu'on se penche aujourd'hui sur ce successeur attendu.

Record Company Records :: 2002 :: acheter ce disque

Année 2000, il y a tout juste deux ans, une éternité à l’échelle du hip hop indépendant, parvenait jusqu’à nous A Jeep Jack Affair, une compilation signée Jeep Jack et sortie sur un label de Boston au nom saugrenu, Record Company Records. La suite, les habitués du webzine la connaissent. RecCompRec est devenu notre chouchou.

Depuis cette première compilation, malheureusement, les sorties du label se sont faites rares. On a même pu croire épisodiquement qu'A Jeep Jack Affair serait un disque sans lendemain. Seul un album a vu le jour, le Attack of the Grizzly de Yukonn. Est aussi sorti le maxi "Springfever", qui a bénéficié d’un petit succès d’estime en France jusqu'à émoustiller les oreilles de... Joey Star. Mais pas grand chose de plus. Finalement, après plusieurs mois de tergiversation, le producteur Jeep Jack semble avoir repris les choses en main puisqu'il sort, signe très encourageant, la suite très attendue d'A Jeep Jack Affair. Construite sur le même principe (plusieurs MC's viennent poser sur des sons généralement produits par lui), la compilation est intitulée cette fois Personal Stereo Mix.

Une première différence sépare les deux disques. Contrairement à son prédécesseur, Personal Stereo Mix ne commence pas avec son titre le plus catchy, mais plutôt dans une impression de joyeux fouillis. D'abord un freestyle. Un peu plus tard un titre de Chaka Khan, parce qu'il est bon, nous précise-t-on. Un remix du fameux "The Run" de Microft Holmes où se succèdent refrains enlevés au sax et couplets accompagnés par une sorte de flûte, comment dire, déconcertante. Puis un petit pot-pourri de genres musicaux (du rock’n roll à la house en passant par le boogie woogie) signé Jeep Jack.

C'est bon, l'apéritif était agréable ? Vous attendez maintenant les morceaux de choix ? Patience, ils existent, ils arrivent et ils sont terriblement bons. Ces titres, ce sont notamment le "The Mix" d'Ace Murda, dont le beat réjouissant n'est pas sans évoquer J-Zone, le "Mindsmoke" de Pete the Beast, et dans une moindre mesure le "Felt" de Shakim. Oh, bien sûr, ce n'est pas parce que Jeep Jack s'est mis aux choses sérieuses qu'il s'interdit de s'amuser. Les trois titres cités sont donc entrecoupés d'un nouveau freestyle signé Yukonn, d'une curiosité en espagnol ("Muerte") et d'un long interlude. Evidemment.

Et c'est malheureusement là l'un des problèmes avec ce Personal Stereo Mix. Les titres récréatifs et agréables sont moins bien dosés que sur A Jeep Jack Affair, au point que la deuxième partie pourrait presque être zappée. L'autre frustration vient de la quasi absence de Microft Holmes. Il n'apparaît que sur "The Run", ainsi que sur "Simple", une nouvelle tuerie. Deux seuls titres, dont un déjà connu, c'est bien trop peu et ça incite à le supplier encore, les mains jointes, de sortir un jour un album.

Passée se première moitié, Personal Stereo Mix semble donc lentement s'acheminer vers une fin en demi-teinte. C’est très nettement reparti vers du foutraque, avec une succession de freestyles passables et un extrait d’Attack of the Grizzly, pas vraiment le meilleur. Quand soudain, au moment où la fin approche, vlan ! "Make Sense" de Conzentrate vient se ficher droit dans notre ventre. Inutile d'en dire plus, sinon que le titre est présenté comme un remix de Steppenwolf. Oui, Steppenwolf, le vieux groupe rock gras du bide, transcendé par le travail de notre producteur.

Ce Jeep Jack Affair II déguisé comprend moins de bons morceaux que le précédent. Il sonne naturellement moins neuf, sa qualité surprend moins que celle de son prédécesseur. Mais qu’importe. Même plus rares, ses sommets sont aussi vertigineux que les précédents. Que personne ne s’y trompe, nos certitudes de 2000 concernant Record Comapny Records n’ont pas bougé d’un iota : le label de Boston reste l’un des meilleurs et des plus injustement méconnus de l’internationale hip hop.

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