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ARPANET - Wireless Internet

, 23:02 - Lien permanent

Pas un moment, Wireless Internet ne s’écarte de sa thématique rétro-futuriste, pour la plus grande satisfaction des oreilles, rassasiée par ce concept album électronique réussi. Arpanet a bien fait de réinvestir le passé glorieux du genre, on s’y croirait.

Record Makers / Source :: 2002 :: acheter ce disque

Wireless Internet est une sortie du label parisien Records Maker, qui s’est distingué jusqu’ici en sortant la BO de Virgin Suicides (sans doute le meilleur disque de Air - le seul bon, diront les cyniques) et l’étonnant premier album de Sébastien Tellier. Nouveau changement de direction avec Arpanet, un projet issu de Dataphysix, l’adresse berlinoise déjà responsable de Dopplereffekt et de l’album Gesamtkunstwerk il y a quelques années, référence assez culte pour avoir déjà égayé certaines de vos soirées de rappeurs décomplexés au Batofar.

La liaison entre Wireless Internet et les autres sorties de Records Maker tient en un mot (composé) : rétro-futurisme. Les mystérieux géniteurs d’Arpanet semblent prendre un malin plaisir à réinventer un passé qui imaginait alors son propre avenir. D’où cette pochette dépouillée et austère aux couleurs des premiers ordinateurs, d’où ce nom emprunté au réseau militaire ancêtre de notre désormais indispensable World Wide Web, d’où ce long discours au vocoder sur l’Internet mobile et sur les pionniers japonais de NTT DoCoMo qui occupe toute la première plage. D’où, surtout, cette musique squelettique, outrancièrement électronique, en provenance directe de l’axe Kraftwerk / electro / techno de Detroit.

Vous voilà donc partis pour 9 plages constituées à l’infini de boucles répétitives minimalistes et fascinantes, de structures d’autant plus ressemblantes que certains titres se répètent quasiment à l’identique : "P2101V", par exemple, développe l’instru qui accompagnait l’introduction, tandis que "NTT DoCoMo" ajoute quelques voix à "I Mode". L’ensemble est d’une constance admirable, mais quelques titres plus accrocheurs peuvent cependant être isolés : "Iluminated Displays", le seul vraiment dansant de tout l’album, ou "Devoid of Wires", le seul doté d’un semblant de chant, un très marqué "she disengaged from the collective, cyber independence was the objective, she is now free, like you and me".

Voilà, la révolution de l'Internet mobile est arrivée à son dénouement, les hommes se sont libérés de la machine et l'ont adaptée à leur soif de liberté et de mobilité. Pas un moment Wireless Internet ne s’écarte de sa thématique principale, pour la plus grande satisfaction des oreilles, rassasiée par ce concept album électronique réussi. Arpanet a bien fait de réinvestir le passé glorieux du genre, on s’y croirait.

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