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LONDON POSSE - Gangster Chronicle

, 22:54 - Lien permanent

La relative médiatisation dont a bénéficié la scène hip hop anglaise ces dernières années a eu quelques conséquences heureuses. L’une d’elles est la réédition en 2001 de Gangster Chronicle, l’album sorti 10 ans plus tôt par le London Posse, duo pionnier du rap britannique composé de Rodney P et de Bionic et dissous depuis. Vendu sans ridicule comme un best-of (quelques titres plus tardifs ont été ajoutés), l’album est sans doute l’échantillon le plus représentatif de cette époque d’effervescence révérée par les artistes anglais d’aujourd’hui comme un premier âge d’or.

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Sans surprise pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, Gangster Chronicle se présente comme la synthèse parfaite des tendances de l’époque, urbaines, hardcore et new-yorkaises, et des éternelles caractéristiques d’un rap anglais qui s’assume, empli d’influences jamaïcaines et d’argot londonien. D’un côté la rue (un thème pas encore galvaudé à l’époque), la politique, le sexe, le crime, un flow entre la old school des 80’s et le phrasé plus posé des 90’s, des beats bien péchus, une ode à la fumette ("Pass me the Rizla" - ou passe passe le oinj). De l’autre (mais il s’agit finalement de la même chose), les sound systems, l’épaisseur et la rondeur des basses, un phrasé qui tend vers le ragga, un titre sans rap purement jamaïcain ("Live Like The Other Half Do"), du cockney, des références récurrentes à leur bonne vieille ville de Londres ("Original London Style") et les cloches de Big Ben.

L’un des morceaux les plus connus du London Posse, "How’s Life in London", représente assez bien l’intrication naturelle entre ces éléments américains, anglais et caribéens. Mais la production de ce titre tardif sorti en 1993 (réédité lui aussi sur single par Wordplay), très clairement influencée par le Bomb Squad, n’est pas forcément représentative du reste. Aussi énergiques mais d’une coloration moins dance-floor, les autres titres se sont en effet assagis avec le temps.

Tous sont de qualité assez constante et concourent à faire entrer Gangster Chronicle dans la catégorie des albums datés, franchement et définitivement marqués par leur époque, mais toujours agréables et écoutables. Fortement influencés par les influences de New-York et par leurs origines, Rodney P et Bionic ont toutefois garanti leur postérité en évitant d’imiter le suiveur opportuniste qu’ils décrient sur "Oversized Idiot", l’un des titres les plus accomplis de l’album. En acceptant leurs influences sans se donner de règles, le London Posse a posé des bases solides au hip hop anglais. D'ailleurs, qui écoutera Gangster Chronicle comprendra bien mieux la généalogie d’un Roots Manuva, d’un New Flesh, voire d’un Tricky.

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