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RUBBEROOM - Architechnology

, 22:25 - Lien permanent

Par l'un de ces phénomènes étranges qui régissent la distribution des labels indé, l'album de Rubberoom fut facile à trouver en France au moment de sa sortie, et il fut même globalement bien couvert par la presse d'ici. Malheureusement, il l'a sans doute été un an trop tôt : le public petit blanc "branché de l'année dernière" qui méprise le rap d'ordinaire (mais non, pas nous, les autres) n'avait pas encore découvert Anti-Pop Consortium et Cannibal Ox via le sacro-saint The Wire et ses relais français. Et aucune chance qu'un b-boy français accepte d'écouter ces raps hallucinés et cette musique arrache-tympans plus de deux secondes.

RUBBEROOM - Architechnology

3-2-1 Records / Indus :: 1999 :: acheter ce disque

Résultat : Architechnology se trouve aujourd'hui chez tous les soldeurs à un prix imbattable. Récupérés par Bigg Jus sur son label Sub Verse après la faillite de 3-2-1 Records, dans l'air du temps depuis que le rap industriel et futuriste est à la mode, le groupe chicagoan (le DJ Stitzo, les MC's Fanum, Lumba, Meta Mo et Isle of "oscar du jeu de mot" Weight) a aujourd'hui toutes les chances de rencontrer son public. Et vous voulez savoir si vous en faîtes partie ? Très bien.

Alors imaginez des morceaux qui tantôt crissent, tapent et tressautent, tantôt s'étirent sur de longues plages atmosphériques avec deux trois samples incongrus au milieu, parcourus ça et là de scratches pondus par rien moins que 13 turntablists. Pour accompagner ce fond sonore, pensez à quatre rappeurs difficiles à distinguer, tant ils rivalisent de prèche délirant et de hargne. Ajoutez-y une pincée de spoken word féminin sur "Pathway to the Abyss". Et pour couronner le tout, égayez la formule par des histoires de chevaliers futuristes venus représenter l'Archange Michel lors de l'Apocalypse, ou de micro-processeur inséré dans un diamant pour contrôler le monde, et vous aurez une idée du contenu.

Tout cela échappe aux classifications. Hip-hop, pour ces méchants raps ? House, pour cette électronique constante ? Jazz, pour cet aventurisme ? Et pourquoi pas les trois, Chicago s'étant déjà distinguée dans chacun de ces genres ? Tout échappe aussi au jugement de valeur, même s'il est évident que les cinq Rubberoom ont mis beaucoup d'ambition dans leur entreprise. Pour résumer, précisons juste qu'Architechnology est impressionnant, mais aux deux-tiers raté. Ce qui veut dire aussi qu'il est au tiers réussi. Et qu'il manque peut-être cruellement à votre discothèque du parfait petit rappeur expérimental cataclysmique dark industriel du futur gothique de l'autre monde obscur.

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