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MOLEMEN - Ritual of the...

, 22:40 - Lien permanent

La belle pochette de Ritual of The Molemen cache un disque étonnant par la liste des invités et par la diversité des beats. Etonnant mais pas forcément mémorable. Pas forcément mémorable, mais à ne pas négliger. Ne serait-ce que pour "The Equinox", "The Game" et les instrumentaux, preuves indéniables du génie par passades du duo de Chicago.

Molemen Records :: 2001 :: acheter ce disque

A première vue, ça ressemble à un grand panorama de la scène hip hop indépendante de ce début 2001. Près de trente personnes parmi les plus en vue en ce moment se pressent en effet sur ce Ritual of The Molemen, tous styles et origines géographiques confondus, des relativement traditionnels JUICE ou Rasco aux canadiens Sebutones et aux apocalyptiques Rubberoom en passant par Breez Evahflowin et C Rayz Walz du collectif Stronghold, ou par MF Doom, Aesop Rock et Slug, tous trois rien que sur le même titre. Et tout cela n’est même pas une compilation. Mais juste un album des Molemen, l’un des groupes phares de l’underground chicagoan.

Tout l’album est donc produit par Panik et par PNS, mais là aussi, surprise. Les beatmakers y font preuve d’une convaincante capacité de métamorphose, épousant à la perfection le style musical auquel chacun de leurs invités est habitué. Capables de donner le fond musical linéaire qui sied aux exercices de battle de JUICE, ils se montrent aussitôt plus offensif sur "Challenge Me", histoire de suivre le flow plus mordant de C Rayz Walz. Et ainsi de suite pour chaque protagoniste, jusqu’au bout de l’album, à l’exception de "Taste of Chicago" où Rubberoom, les voisins des Molemen, n’ont malheureusement droit qu’à un beat quelconque franchement éloigné de leurs compositions cataclysmiques de prédilection.

Les producteurs sont évidemment à l’aise avec leurs collaborateurs habituels, comme Vakill sur "The Equinox", où tous s’illustrent avec un égal bonheur. Mais il le sont aussi avec des gens aussi spéciaux que les Sebutones sur "Game". Sur une composition sombre et inquiétante, parcourue de bruits étranges et entrecoupée par un refrain vocodorisé ("Is it a game or is it real ? What’s the difference ?"), Buck 65 et Sixtoo trouvent un incroyable refuge à leur phrasé rappé/parlé caractéristique. Absolument brillant. Tout comme deux des trois intermèdes instrumentaux, le trop court "Triste" de PNS et l’excellent"‘Dime Ahora Mismo" de Panik.

Les autres titres, même finement ouvragés, ne sont malheureusement pas toujours du même niveau. Il se dégage sur l’essentiel de l’album une impression tour à tour plaisante et frustrante qu’il fonctionne en roue libre, aussi percutants soient les MC’s, aussi ouvragées soient les beats. Il y a bien le titre le plus prometteur de l’album, "Put your Quarter up", sur lequel se pressent Slug, Aesop Rock et MF Doom, carrément. Mais même si les trois se complètent bien, on a déjà entendu de meilleurs titres inspirés par des jeux vidéo par le passé. Même jugement entre deux eaux pour "Not Impressed", dont le principal intérêt est la leçon de emceeing donnée par Qwel des Typical Cats.

La belle pochette de Ritual of The Molemen cache donc un disque étonnant. Etonnant par la liste des invités. Etonnant aussi par la diversité des beats, lesquels passent régulièrement du commun au génial, sans étape intermédiaire. Etonnant mais pas forcément mémorable. Pas forcément mémorable, mais à ne pas négliger. Ne serait-ce que pour "The Equinox", "The Game" et les instrumentaux, preuves indéniables du génie par passades des Molemen.

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