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BOOGIE DOWN PRODUCTIONS - The Best of B-Boy Records

, 22:17 - Lien permanent

Trompeur, le titre. Ce n'est pas un best-of des titres de BDP qu'il livre. Mais au contraire, l'intégralité de Criminal Minded, considéré lui-même comme un best-of du rap. A juste titre, évidemment.

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Il faut bien se rendre à l’évidence, le rap n’est plus très jeune. Il est aujourd’hui parfaitement possible à un môme de se prétendre fan du genre, sans pourtant jamais avoir entendu parler de Boogie Down Productions. D’où l’intérêt d’une compilation comme celle que propose aujourd’hui Landspeed Records. Enfin, une compilation, pas vraiment... The Best Of B-Boy Records contourne l’inconvénient habituel des best of (trop composites pour avoir la cohérence d’un disque original) en reprenant carrément à l’identique le tracklisting du classique Criminal Minded, auquel s’ajoute d’autres titres de la même époque.

Même si le premier album de Boogie Down Productions (sorti en 87 et l’un des premiers chefs d’œuvre du rap social et politique), devra un jour ou l’autre faire l’objet de notre fameux flashback du mois, il est difficile de ne pas s’attarder dès maintenant sur quelques uns des passages les plus mémorables : les odes à son Bronx d’origine que sont "South Bronx" et "The Bridge is Over", les influences jamaïcaines et dancehall de "9mm Goes Bang" et du remix de "P is Free", le téléphone et les choeurs de "Super Hoe", ou "Dope Beat" et son sample d’AC/DC, l’un des meilleurs exemples des alliances hip hop / heavy metal de mise à l’époque. Voici pour les exemples, jetés au hasard, puisque la production directe et efficace de Scott LaRock et le rap brut et précis de KRS One assurent une qualité presque constante.

Les autres titres font quant à eux davantage figure de témoignage historique qu’autre chose, comme souvent dans les démarches de ce type. Ca n’est généralement pas pour rien qu’un groupe décide de mettre un nombre limité de ses titres sur ses albums au détriment de quelques autres... Il est pourtant tout à fait instructif d’écouter la version originale et beatboxée de "P Is Free" bien distincte de celle, franchement plus sautillante, qui figure sur l’album original. Ou bien le mix "Criminal Minded Red Alert Mega Mix", résumé en accéléré de tout l’album agrémenté d’un peu de deejaying débridé. Et le titre "D-Nice Rocks the House", de D-Nice (lequel produira BDP après la disparition de Scott LaRock) est particulièrement bon.

Evidemment, The Best Of B-Boy Records est bon. Pas la peine de prouver que Criminal Minded est un classique du rap old school. Mais juste de le rappeler aux jeunes générations. Mais les néophytes qui découvriront BDP par cette resucée ne devront pas oublier pour autant qu’ils n’ont droit ici qu’à une face de KRS One. Qu’ils n’oublient pas les albums d’après le meurtre de Scott LaRock, By All Means Necessary, le second classique, le mouvement Stop the Violence, la promotion de l’Edutainment, et la carrière solo du Teacher. Dont il faudra tout autant reparler un jour.

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