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THE BEATNUTS - Take It or Squeeze It

, 22:17 - Lien permanent

C'est sous une pochette unanimement décriée, mais très représentative du contenu et même assez géniale dans son genre (si si), que les Beatnuts poursuivent leurs aventures de joyeux fêtards latinos bien chauds laissée en plan depuis A Musical Massacre. Loin du classique Intoxicated Demons, mais apparemment bien contents d'être là, Psycho Les et Juju livrent avec Take It or Squeeze It un nouvel exemple d'album vite bâclé par des types normalement capables de bien mieux.

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Pour preuve de ce laisser-aller (et nouveau massacre musical), les aspirants singles ratés se succèdent sur cet album. Ca commence avec le beat plein d'entrain de "It's Da Nuts", où les Beatnuts sont rejoints par Al Tariq, le Fashion qui faisait autrefois partie du groupe. C'était pas trop la peine de le convoquer pour ces âneries, le seul bon moment ici étant le refrain chanté, c'est dire. Et ça continue avec les conneries latinos de "Pendelo", avec un "Yo Yo Yo" (chouette titre) qui se passe de commentaire. Et d’autres, qu’on passera aussi vite.

Comme ses prédécesseurs, le nouveau Beatnuts contient tout de même son quota de petites merveilles certifiées. Parmi elle l'impeccable "If it ain't Gangsta", sans hésiter le meilleur moment de Take It or Squeeze It. Mais aussi dans le genre "mauvais goût garanti mais savoureux" le très funky et entraînant "Let's Git Doe", le petit piano charmant interrompu par quelques "waaah"de "Hammer Time", le clavecin déchaîné de "U Don't Want It" tous hits foutraques qui confirment que les Beatnuts sont à la base de bons producteurs et qu'ils savent flatter les jambes et les bras, puisqu'ils ont franchement décidé de les privilégier sur le cerveau.

Malheureusement, les Beatnuts ont l'art de torpiller leurs meilleures recettes. Le lalala de "Contact" par exemple, en ferait un titre charmant, s'il ne s'achevait pas par l'incontournable passage r'n'b. Expérience renouvelée totalement avec un "Hood Thang" pas si catastrophique que ça, après plusieurs écoutes, malgré des chœurs vides de toute sensation. Même chose pour la trompette et les accents latinos du remix de "Se Acabo", un titre auquel il ne manque vraiment pas grand chose (non, pas Method Man, il est là) pour être vraiment très bon. Même chose encore pour "No Escapin This".

Comme tous les albums des Beatnuts, excepté l'irréprochable premier (Intoxicated Demons), ce Take It or Squeeze It se résume à quelques bombes véritables perdues au milieu de titres insignifiants. C'est dommage, ce rap spontané, entraînant, bordélique, parfois crétin pour tout dire, est précisément ce qui manque au hip hop d'aujourd'hui, perdu entre les pénibles rappeurs conscients premiers de la classe d'un côté, les expérimentations et les poèmes de collégiens des indépendants de l'autre, ou, hors jeu, les débilités jiggy bouncy machin chose. Il n'y a donc aucun état d'âme à avoir pour qui souhaite acquérir ce dernier Beatnuts, mais beaucoup de frustrations à attendre.

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