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JAY-Z - The Dynasty: Roc la Familia

, 22:18 - Lien permanent

Oui, allez-y, frottez-vous les yeux, pincez-vous, respirez bien fort. Vous avez bien lu, Ce site chronique le dernier album de la star multi-platinée, locomotive officielle de toute l’industrie rap. Il en dit même du bien. Parce qu’en dépit d’une oeuvre parfois flasque et monotone, d’une imagerie "rap du ghetto" convenue, de thématiques archi rabâchées, Jay-Z est avant tout un redoutable MC, percutant, l’un des meilleurs que le hip-hop n’ait jamais compté.

JAY-Z - The Dynasty: Roc la Familia

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Rien n’a vraiment changé sur The Dynasty: Roc la Familia . Au premier abord, le flow monotone de Jay-Z s’étale toujours sur des compositions trop claires, trop nettes, parsemées de temps à autres par des refrains R&B. Mais une écoute attentive permet de noter quelques titres plus frappants, plus incisifs, des hits en somme. Parmi ceux-ci, figure immanquablement la tuerie "1900 Hustler", cuivres vengeurs et "hey" en exergue, surmontés par le flow lourd et grave de Jay-Z. La même écoute permet également de localiser quelques merveilles de rap mélancolique plus durable et pérenne. Tout particulièrement en fin de disque, avec "Where Have You Been", évocation d'un père qui battait sa mère, ou avec le déchirant "Soon you’ll Understand", poignante histoire de rupture sentimentale rehaussée par un refrain féminin aux voix éthérées et haut perchées.

Voilà, avec la percutante intro et quelques titres un peu plus faibles, ce que les premières écoutes permettent d’apprécier. Puis d’autres viennent, qui permettent peu à peu de s’approprier la quasi totalité de l’album. Progressivement, l’auditeur se surprend à trouver des charmes au son West Coast de "Get your Mind Right Mami", aux choeurs de "Give Love a Change", au funky en diable "Guilty until Proven Innocent" (une allusion à son arrestation de 1999 pour coups et blessures), voire même au R&B de "Parking Lot Pimpin". L’album se permet même quelques fantaisies électroniques plutôt réussies avec "Holla", des petits sons intrigants en arrière-plan de "Change the Game", lesquels soutiennent le morceau, ou de l’electro sur "Where you At" (un titre bonus), pour des résultats tous très concluants.

Moins mémorables, la plupart des autres morceaux sont néanmoins présentables. Le seul hic demeure leur longueur : l’accompagnement musical, souvent en roue libre, s’efface derrière les MC’s, et s’éternise jusqu'à ce que Jay-Z et ses amis, bavards, aient fini de s’exprimer. "Streets is Talking", "This can’t be Life", "You, Me, Him and Her", "R.O.C." et le pénible "Squeeze 1st" sont tous victimes de ce fléau. Ailleurs, ce sont les tentatives de hip-hop mélancolique qui s’avèrent surfaites ou maladroites. Elles sont heureusement sauvées, en tout lieu, par les paroles de Shawn Carter, qui malgré son manque d’originalité, ne cessent jamais d’être percutantes. Le vécu, sans doute, fait ici la différence.

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