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OUTKAST - Aquemini

, 22:13 - Lien permanent

Sur cet Aquemini d'une inventivité folle, Dre et Big Boi s'essayent à tout, et avec excellence. Au point d'assurer sans contestation à cette troisième pièce de leur irréprochable discographie le titre de meilleur album rap pour l'année 1998.

OUTKAST - Aquemini

La Face / BMG :: 1998 :: acheter ce disque

En 1998, la chose est entendue : le rap inventif édoniste d'autrefois n'existe plus qu'à l'état résiduel, submergé par la pose et l'inconsistance. Seuls quelques groupes encore souterrains semblent encore à même de porter la flamme, de réinjecter innovation et substance dans le genre. Assurément, Outkast n'est pas de cette armée des ombres : le duo formé de Dre et de Big Boi, pleinement reconnu, intégré à l'aristocratie rap depuis plusieurs années, bénéficie des faveurs de la presse et des médias. Et pourtant, l'éloignement des scènes rap traditionnelles (Outkast est avec Goodie Mob le groupe leader de la scène d'Atlanta) les tiennent à l'écart des recettes éculées inhérentes au genre. Toutes les caractéristiques d'un hip hop convaincant et émoustillant sont réunies sur cet Aquemini, nommé ainsi selon les signes astrologiques des deux rappeurs (Verseau et Gémeaux) et dernier venu d'une série de trois albums de qualité constante.

Les invités prestigieux ne sont pas étrangers à cette excellence. Raekwon, Erykah Badu, quelques autres moins connus, et surtout le vétéran funk George Clinton sur un "Synthetizer" étrange à souhait font des interventions remarquées. Mais le principal atout d'Outkast est ailleurs, il est dans la fantaisie toute funky du duo, admirablement servie par l'accent toujours aussi peu habituel de ces sudistes. Elle est dans la variété des titres, elle est dans cette habileté sidérante à rendre l'expérimentation naturelle, tout de suite accessible, tubesque.

Dre et Big Boi s'essayent à tout : ici ("SpottieOttieDopaliscious") ils flirtent avec le reggae, là (le magnifique "Liberation") avec la soul, en fin de parcours ("Chonkyfire") avec le rock, sans que tout cela soit incongru. Et surtout, ils livrent avec "Da Art of Storytellin'", "Mamacita" et "Y'All Scared" la triade magique qui emmène ce nouveau disque vers des sommets. Au point de lui assurer, sans mal et pour beaucoup (admirateurs de la West Coast, fidèles de la East Coast ou néophytes du son sudiste ; puristes du classic rap ou adeptes de hip hop indépendant), le titre de meilleur album rap sorti en 1998.

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