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INVISIBL SKRATCH PIKLZ - Portrait

, 22:32 - Lien permanent

Formation à géométrie variable, exclusivement composée de DJs hip hop, les Invisibl Skratch Piklz cumulent aujourd'hui deux statuts éminents : collectif le plus en vue de la bouillonante scène de la Bay Area, ils sont aussi les chefs de file du turntablism, ce genre et mouvement musical prônant le retour des DJ's aux avant-postes du hip hop. Et ce, tour de force, sans avoir encore sorti d'album en commun.

La naissance des ISPs est difficile à situer. La plupart de ses membres, issus de la communauté philippine de San Francisco, se côtoient dès la fin des années 80 dans des collectifs aussi divers que FM20, Dirt Style Productions ou les Turntable Dragons et s'affrontent régulièrement aux cours des compétions de DJ's. C'est à l'issu de manifestations de ce genre que Q-Bert (Richard Joseph Quitevis), actif au sein des Livestyle DJ depuis le milieu des 80's, s'acoquine avec Apollo, vainqueur du DMC de Londres en 1992, et MixMaster Mike (Michael Schwartz), lauréat du New Music Seminar de New-York la même année.

En 1994, Q-Bert, accompagné de DJ Disk et de Shortkut (Jonathan Cruz ), fonde les Invisibl Skratch Piklz. Ils sont bientôt rejoints par MixMaster Mike. Le collectif connaîtra d'autres bouleversements, avec le départ de Disk, remplacé par Yoga Frog (Ritche Van Desuasido), l'arrivée de D-Style (Dave Cuasito) et celle, passagère, du très jeune prodige canadien A-Trak, en 1996. Ensemble, les ISPs mettent au point le concept de turntable orchestra, orchestre d'un nouveau genre composé d'autant de platines que de DJs impliqués.

Les ISPs signent leur premier coup d'éclat sur la mythique compilation Return of the DJ, acte fondateur du turntablism sorti sur Bomb Records : "Invasion of the Octopus People", marque tant les esprits qu'il est également inclus sur la compilation Altered Beats de l'éternel défricheur Bill Laswell, et rencontre ainsi un accueil favorable d'un public, jazz, rock ou techno, étranger au rap.

Cette audience leur permet, avec quelques autres turntablists de décrocher un contrat chez Asphodel, label ordinairement dédié aux musiques électroniques. Ils y sortent un EP, The Invisible Skratch Picklz Vs. The Clams of Death, compilation de quelques uns de leurs meilleurs morceaux. D'autres titres, éparpillés sur des cassettes, compilations, pirates et autres, circulent sous le manteau au même moment.

Pas d'album, cependant. Les ISPs optent pour une stratégie inverse à celle du Wu-Tang Clan : avant de livrer une oeuvre en commun, ils s'éparpillent dans des oeuvres solos et des collaborations de tout poil. Les plus prestigieuses sont sans doute la participation de Q-Bert au projet Dr. Octagon, dès 1996, et celle de MixMaster Mike au Hello Nasty des Beastie Boys. Mais l'on retiendra également l'excellent bataille entre Shortkut et Cut Chemist enregistrée au Future Primitive.

Les ISPs ne se contentent pas d'être présents sur le front discographique. En 1998, ils créent leur propre label, Galactic Butt Hair Records, sur lequel sort l'album solo de Q-Bert. Dans le même temps, Shortkut lance un programme scolaire à l'école A.P. Giannini de San Francisco destiné à l'enseignement du DJing. Toujours la même année, les cinq DJ's multiplient les performances live sur l'ensemble de la planète. Et quand les organisateurs, effrayés par leur supériorité, ne leur interdisent pas, ils participent à de nouvelles compétitions de DJ's.

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