Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

DJ SHADOW - Portrait

, 22:28 - Lien permanent

La place de DJ Shadow dans la musique d’aujourd’hui est originale. Pour les Européens, en tant qu'inventeur attitré du trip hop, un genre musical rattaché usuellement au grand ensemble des musiques électroniques, il est déjà une figure incontournable. Pour les Américains, il reste méconnu, sauf de la critique qui le considère comme un DJ hip hop d’avant-garde. Cela est sans doute l’habit qui lui sied le mieux, tant DJ Shadow tient à proclamer son attachement indéfectible au meilleur rap.

A l’origine, rien ne distingue Josh Davies de l’adolescent américain typique. Jeune Blanc américain de San Francisco, né en 1973 et issu des classes moyennes, il est d’abord fan de hard rock avant de découvrir le rap, comme beaucoup d’autres, au milieu des 80’s. Mais là où la plupart se contentent d’acheter quelques albums de Run DMC, d’EPMD ou de Public Enemy, Davies entame une impressionnante collection de vinyles et se transforme rapidement un expert du genre.

Il devient alors producteur pour Hollywood Records, et sort dès 1991 une série de cassettes, Reconstructed from the Ground Up. Peu à peu, le jeune Davies fréquente les b-boys de San Francisco, et fonde avec Lateef the Truthspeaker, Lyrics Borns (le duo Latyrx) et Blackalicious, le label Solesides. Ce dernier lui permet de sortir dès 1993 le single "Entropy", instrumental hip hop de près de 20 minutes. Egalement critique rap, Davies rejoint les rédacteurs du fanzine Bomb, créé par David Paul et véritable creuset de la scène hip hop de la Bay Area.

Bomb est alors régulièrement lu par un jeune anglais chargé de surveiller les nouvelles tendances au sein d’un magazine dédié au jazz. Particulièrement au fait du hip hop de San Francisco, James Lavelle contacte DJ Shadow pour qu’il enregistre l’une des premières références de son nouveau label, Mo’Wax. Le résultat de la commande sort en 1993 : "In/Flux", bijou de hip hop instrumental au long souffle, provoque alors une onde de choc considérable. Le single devient l’acte fondateur, avec les premières oeuvres de Massive Attack et de Nightmares on Wax, d’une nébuleuse musicale appelée trip hop, dont s’éprennent rapidement les adeptes de techno en quête de groove plus chaleureux et d’ex-fans d’indie pop lassés d’un genre qui se mord la queue.

C’est le début de la carrière européenne de DJ Shadow. Eclipsé en 1995 par d’autres artistes trip hop, le maître revient l’année suivante avec l'impressionant Endtroducing.... Apprécié par un public européen de plus en plus large, le maître n’hésite pas à aller au devant de leurs désirs, sortant, outre la compilation Pre-Emptive Strike, un single intitulé "High Noon" et qui flirte davantage avec le rock qu’avec le hip hop. En 1998, il tourne avec Radiohead et rejoint James Lavelle au sein de l’aventure U.N.K.L.E. le temps de Psyence Fiction, album concept bancal mais impressionnant où cohabitent grands noms du rap, du rock et de la pop.

DJ Shadow n’en oublie pas pour autant ses véritables racines. Devenu un acteur incontournable de la Bay Area, il poursuit l’aventure Solesides. Tour à tour, Latyrx et Blackalicious sortent des albums ou des EPs appréciés du circuit underground américain, mais qui demeurent malheureusement incompris des fans européens du maître, souvent peu portés sur le véritable rap. Finalement, il faut attendre 1999 pour que DJ Shadow unisse les principaux acteurs de Solesides au sein du projet Quannum, et sorte Spectrum, un album de hip hop traditionnel moins essentiel que ses oeuvres précédentes, mais néanmoins recommandable.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet