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NICK CAVE & THE BAD SEEDS - Kicking Against the Pricks

, 22:20 - Lien permanent

Avec The First Born is Dead, on avait laissé Nick Cave à Berlin, rêver du Delta du Mississipi, de son blues et de ses mythes. Peu de choses vont changer sur Kicking against the Pricks, sinon que le batteur Thomas Wydler, issu de Die Haut, est recruté, et que le chanteur a décidé d'aller directement de la copie à l'original, l'album entier étant composé de reprises.

NICK CAVE & THE BAD SEEDS - Kicking Against the Pricks

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La plupart des titres choisis remontent aux origines du rock américain : country, folk, et surtout blues y ont la part belle. La plupart, aussi, sont peu connues. Seules exceptions : "Hey Joe" de Tim Rose, plus connue pour la version de Hendrix, "All Tomorrow's Parties" du Velvet Underground, "Something's Gotten Hold Of My Heart" de Gene Pitney, et "Black Betty".

Sur Kicking Against the Pricks, Nick Cave donne une version si personnalisée des morceaux choisis qu'on perçoit peu la différence avec ses oeuvres précédentes, sinon du point de vue de la qualité, encore supérieure. Moins brutal qu'auparavant, jamais le chanteur n'a été aussi enflammé et convaincant. C'est d'ailleurs un titre extrait de cet album, "The Singer", où le chanteur joue au cow-boy, qui offrira à Nick Cave son premier numéro dans les charts indé anglais, relançant sa carrière et sa popularité en Grande-Bretagne.

Nick Cave cuisine chaque titre à sa sauce. On retrouve donc ici toutes les cordes de son arc : son goût pour les complaintes, relevées de choeurs et d'une instrumentation qui intervient là où il faut sur "Muddy Water", ou d'une voix qui oscille comme d'habitude entre hargne et soumission sur "Long Black Veil" ou "The Hammer Song". Son talent pour composer de magnifiques odes est aussi à l'oeuvre sur "Sleeping Annaleah", sur "By the Time I Get to Phoenix", sur "the Carnival is Over", sur le crescendo "Running Scared" et sur "Something's Gotten Hold of my Heart", sans doute le sommet de l'album.

D'autres fois, Nick Cave se livre à des exercices de blues violent, sauvage, destructuré et radical, comme sur "I'm gonna Kill that Woman", sur un gothique et inquiétant "Hey Joe", qui finit dans des violons dérangés et l'où l'on sent déjà les prémices de "Mercy Seat", ou sur "Black Betty" interprété a capella avec hargne. Nick Cave surprend aussi, par exemple avec les choeurs estampillés 50's de "Jesus Met the Woman at the Well".

Et même si c'est toujours un défi de reprendre un morceau du Velvet, le chanteur le relève à merveille sur un entêtant "All Tomorrows Parties", accompagné de choeurs tout droit sortis d'un western. Forcément moins bon que l'original, mais tout de même saisissant. De fait, Kicking Against the Pricks mérite sa place parmi les tous meilleurs albums de reprises jamais tentés. Il serait même resté le meilleur de toute la carrière de Nick Cave, si deux ans plus tard, après Your Funeral... My Trial, il n'avait pas sorti un capital Tender Prey.

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