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BEASTIE BOYS - Check Your Head

, 22:44 - Lien permanent

Au début des années 90, après un deuxième album, Paul's Boutique qui s'est vendu en dessous des espérances, les Beastie Boys sont presque oubliés des médias. Cela n'entame pourtant pas leurs relations avec Capitol, qui leur permet de bâtir un nouveau label promis à un grand avenir, Grand Royal. Au même moment, ils construisent leur propre studio, à Los Angeles, et embauchent pour l'occasion leur menuisier, Mark Ramos-Nishita, qui deviendra le clavier du groupe.

BEASTIE BOYS - Check Your Head

Grand Royal :: 1992 :: beastieboys.com :: acheter ce disque

Moins carton que Licensed to Ill, moins culte que Paul's Boutique, ce Check your Head qui sort alors ne manque pourtant pas de morceaux accrocheurs, comme ce "Jimmy James" imparablement groovy et sa pluie de scratches, par exemple, ou ce "So Watcha Want" avec ses terribles guitares. Ce disque marque aussi le retour des Beasties aux instruments rock, guitares, basses, batteries, qui dotent nombre de morceaux du charme funky rétro ("Funky Boss", "Live at P.J.'s") déjà présent sur Paul's Boutique, sans rompre avec l'énergie revigorante du rap old school ("Finger Lickin' Good", au milieu duquel surgit un long sample de Dylan), ni avec les brailleries acnéiques du premier album (le formidable single "Pass the Mic").

L'un des atouts de Check your Head, c'est aussi la présence récurrente d'instrumentaux proposés par Mark Ramos-Nishita, propulsé au rang de 4ème Beastie Boy. Quelques interludes ("Time Biz vs the Nuge", "the Blue Nun") ou petites perles rétro, navigant entre soul et easy listening, surprennent ainsi l'auditeur, de temps à autre : l'orgue coolissime et les percussions de "Lighten Up", le vocoder de "Something's got to Give", un "Pow" qui redécouvre le meilleur des musiques noires, le morceau final "Namasté", et surtout, le funk de "In 3's" ou le dialogue orgue / guitare de "Groove Holmes". Mark se permet aussi de chanter (lui ne rappe pas) sur "Mark on the Bus", annonçant ses futures oeuvres solos.

Sur Check your Head, de fait, ce sont toutes les années 90 qui défilent à l'avance : le hardcore, la lo-fi, le rock fusion, la frénésie breakbeat anglaise, l'esprit slacker, le trip hop, le renouveau easy-listening. Les rappeurs avaient oublié les Beasties en 1992, mais leur passé punk et les accents hardcore de certains morceaux les relancent auprès du milieu rock alternatif, alors en pleine explosion commerciale. Les singles "Jimmy James," "Pass the Mic" et "So Whatcha Want" sont des succès sur les college radios. Sans rencontrer un plein triomphe, cet album remet les Beastie Boys en selle, tant commercialement que du point de vue critique. Et c'est avec un Ill Communication jouissif et musicalement très proche de Check your Head que seront cueillis deux ans plus tard les fruits de cette régénérescence.

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