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PORTISHEAD - Dummy

, 22:33 - Lien permanent

En 1994, certains attendaient fermement le second Massive Attack. Mais un autre album de Bristol allait le dépasser, tant en qualité qu'en termes de succès public, consacrant ainsi un courant qui deviendrait, pour le meilleur et pour le pire, la bande son par excellence des années 90.

PORTISHEAD - Dummy

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En 1994, le souvenir du premier Massive Attack était encore vivace, et tous ceux qui avaient été marqués par ce disque attendaient avec fébrilité le successeur de Blue Lines. Pourtant, ils ne mesuraient pas encore ce que serait l'influence et la postérité de cet album fondateur et prophétique. En tout cas, pas avant que le Dummy de Portishead ne double un Protection pourtant relativement réussi, au point de gagner les faveurs des grands publics français et britannique avec ses deux singles, "Sour Times" et "Glory Box", et de signifier la naissance d'un nouveau courant musical, l'un des plus marquants des 90's, auquel un journaliste du magazine Mix Mag donna alors le nom malheureux de trip hop.

Le parallèle avec Massive était plus qu'évident. Même origine, Bristol (ou plus exactement, la station balnéaire voisine de Portishead). Même facilité pour marier une voix féminine habitée à la technologie musicale la plus avancée. Sans compter que le DJ de Portishead, Geoff Barrow, avait fait ses premières armes comme larbin du Wild Bunch et de Neneh Cherry.

Pourtant, sur ce disque, la formule crossover inaugurée par Massive Attack se fait plus sobre et plus monolithique : les chansons de Dummy évoquaient surtout un folk triste mis au goût du jour avec des samples soul et jazzy évanescents, des scratches et des breakbeats hip hop, sous le haut-patronage d'Isaac Hayes et avec un soupçon inattendu de John Barry et de Lalo Schiffrin. Portishead était une sorte de mélange inédit entre Massive, bien sûr, mais aussi Billie Holiday et le premier album du Wu-Tang Clan, le tout rendu atemporel par l'enregistrement des morceaux sur vinyle, responsable des craquements qui, joint à quelques sons de theremin, conféraient à ce disque fondateur un charme désuet.

Originale, efficace, et commercialement porteuse, la formule allait ensuite faire de nombreux petits, elle donnerait naissance à des clones et à des rejetons. Mais aucun ne parviendrait à nous dégoûter totalement de cet album au carrefour des genres, de ce disque pivot des années 90.

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