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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

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03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

, 22:22

Un jour, Greedy Giddy décida de se renommer 03 Greedo. S'il choisit de placer cet étrange chiffre devant son nouveau pseudonyme, c'est en raison de l'âge auquel son père avait disparu, emporté par un accident de moto. Il n'avait que 30 ans, et le rappeur de Watts, alors bébé, allait donc entamer orphelin une vie qui ne lui ferait aucun cadeau : plus tard viendraient l'addiction à la drogue, des agressions à l'arme à feu (à cause de ces attaques, sa jambe manquera d'être amputée), des amis emportés par la violence, et la prison. C'est au cours de l'une de ces périodes de détention, cependant, qu'il allait décider de se sauver par le rap, avec une foi telle qu'il n'hésiterait pas à tatouer les mots "Living Legend" sur son visage. Son objectif serait d'avoir réussi sa vie, avant l'âge où s'était brisée celle de son père.

03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

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JEAN GRAE & 9TH WONDER - Jeanius

, 22:48

Avec le temps, cet underground hip-hop qui suscita tant d'espoir à la fin des années 90 se stabilisa en quelque chose de bien défini. Alors qu'il était à l'origine épars, divers, multiformes, et qu'il nous faisait une promesse alléchante de renouvellement, il est devenu au bout du compte l'apôtre de la conservation, et le refuge ultime d'un rap de facture classique qui se refusait à mourir. Jean Grae et 9th Wonder ont tous les deux hardiment représentés cette tendance. La première, autrefois appelée What? What?, ancienne membre dans les années 90 du groupe new-yorkais Natural Resource, défendait un rap de type battle et lyrical. Et le second, producteur de Little Brother, privilégiait un traditionniste style boom bap.

JEAN GRAE & 9TH WONDER - Jeanius

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GUCCI MANE - DropTopWop

, 23:35

C’était une image qui faisait plaisir : en mai 2016, Gucci Mane sortant de prison, en forme, souriant, avec des kilos en moins et des muscles en plus, dans les bras de Keyshia Ka'oir, celle qu’il allait épouser quelques mois plus tard. Le rappeur d’Atlanta réapparaissait en pleine gloire. Enfin, il était reconnu et célébré par tous pour ce qu’il était : le rappeur le plus influent des dix années précédentes. C’est avec la même joie, aussi, qu’on voyait Guwop se remettre tout de suite au travail, puis sortir avec prodigalité de nouveaux projets. D’autant plus que ceux-ci, malgré leur production plus actuelle et plus robuste, étaient de prime abord fidèles aux premières dizaines de mixtapes grâce auxquelles il avait construit son mythe. Mais après, petit à petit, à la réécoute de ces sorties, un étrange sentiment s’est mis insidieusement à nous envahir : une impression de fadeur, d’innocuité, comme si, en fait, le bonheur et la reconnaissance mérités du rappeur l’avaient anesthésié.

GUCCI MANE - DropTopWop

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JAKE ONE - White Van Music

, 23:28

Vers la fin des années 90, alors que s'émoussait la rivalité entre les Côtes Est et Ouest, une nouvelle frontière s'était formée dans le monde du rap américain. A une époque d’apogée commerciale pour cette musique, et alors que, en corollaire de ce triomphe, s’imposait une imagerie de nouveaux riches, deux camps s'étaient formés : d’un côté les puristes, les défenseurs de l’underground, les adeptes d’un hip-hop intellectuel, à la fois responsable et pétris d’ambitions artistiques ; et de l’autre, ceux qui embrassaient à pleine bouche ce rap tape-à-l’œil et fier-à-bras de voyous magnifiques, et qui considéraient ses détracteurs comme des pisse-froid.

JAKE ONE - White Van Music

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WILEY - Godfather

, 22:51

En décembre dernier, lors de l’annonce des nouvelles promotions à l’Ordre de l'Empire britannique (plus ou moins l’équivalent de la Légion d’Honneur, de l’autre côté de la Manche), un nom aura retenu l’attention des amateurs de musique : celui de Richard Cowie. Le Londonien se voyait ainsi distingué pour sa contribution au rayonnement de son pays. Quoiqu’on puisse penser de ce type de décoration, cela était mérité. L’artiste connu sous le nom de Wiley n’est pas seulement à l’origine du style musical anglais le plus distinctif, en ce début de XXIème siècle. Ce genre qu’il avait intitulé eskibeat, mais que l’histoire aura retenu sous le nom de grime, il l’a animé pendant près de 20 ans, ne cessant jamais d’en produire, et de faire la courte-échelle à d’autres, plus jeunes, qui désiraient aussi s’y adonner.

WILEY - Godfather

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JME - Famous?

, 23:31

Le grand gagnant, dans l’opération de cooptation par les Américains qui a redonné des couleurs au grime anglais dans les années 2010, c’est Skepta. Il faut se souvenir, cependant, que la carrière de Joseph Adenuga ne date pas d’hier, et qu’elle fut doublée, en parallèle, de celle de son petit frère Jamie, un prénom plus connu sous l’orthographe alternatif de JME. Cette fratrie d’activistes (à laquelle il faut ajouter la petite sœur Julie, un DJ) a commencé à se faire un nom au début des années 2000, au sein du collectif Meridian. Puis les frères ont fondé ensemble le label-équipe Boy Better Know, sur lequel sortiraient leurs projets réciproques.

JME - Famous

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KENDRICK LAMAR - DAMN.

, 16:46

Plus qu’un artiste populaire, Kendrick Lamar aura été un fantasme critique. S’il est aussi révéré dans les médias, s’il est si apprécié d’une élite rap constituée, c’est qu’il répond à nombre de leurs désirs : il est ancré dans une tradition gangsta, il provient même de Compton, ce qui lui donne le pédigrée nécessaire, mais il est politique, engagé, "conscient". Son écriture sophistiquée et sa musique arty offrent plus de grain à moudre aux commentateurs de la presse et aux plumitifs de tout poil (des gens qui ont grandi dans les années 90, à l’époque du rap "lyrical"), que les sons minimalistes et les textes génériques en forme de slogans qui dominent le reste de cette musique. A l’heure où le hip-hop est le genre majeur, à l’ère où il se normalise et où il se moyennise, tout autant qu’il se sacralise, à l’époque, en somme, de l’Obama rap, Kendrick Lamar tombe à pic. Mais souvent, en corolaire de cette allure de premier de la classe, sa musique est surfaite et prétentieuse.

KENDRICK LAMAR - Damn.

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LETHAL BIZZLE - You'll Never Make a Million from Grime

, 23:02

Cela fait un moment déjà que Maxwell Ansah, alias Lethal Bizzle, occupe une place dans le monde du grime. Il était déjà actif au tout début des années 2000, au sein du More Fire Crew, un collectif qui, en 2002, sortit l’un des premiers tubes du genre, "Oi!". Puis ensuite, en solo, il sortit d'autres singles remarqués, notamment "Pow" (aussi appelé "Forward Riddim"), en 2004, un morceau enregistré avec une dizaine d’autres rappeurs, et qui fut un nouveau carton, malgré une censure imposée du fait de son contenu violent (et de sa propension à déclencher de grosses bastons quand il était joué en club). Comme beaucoup de ses collègues, cependant, le Londonien est davantage un artiste à singles qu’à albums. Après 2009, il n’en sortit d’ailleurs aucun, et il fallut attendre You’ll Never Make a Million from Grime, en 2017, pour qu’il connaisse son plus grand succès sur format long.

LETHAL BIZZLE - You’ll Never Make a Million from Grime

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YOUNG DOLPH - Thinking Out Loud

, 22:52

"On devrait essayer de tuer Young Dolph plus souvent. Il n’en sort que plus vivant". Ainsi se terminait notre chronique du dernier Young Dolph avant celui-ci. Et franchement, au moment d’écrire ces lignes, nous ne croyions pas si bien dire… Après avoir survécu à un premier assaut carabiné (cent balles tirées sur lui, tout de même…), le rappeur de Memphis s'était montré plus fort que jamais. Remonté comme une horloge, il avait alors sorti un Bulletproof rageur et arrogant, plein de mépris pour ceux qui avaient voulu lui faire la peau. Or, il se trouve que l’histoire a bégayé. Dans la deuxième partie de l’année, Adolph Thornton Jr. s’est fait à nouveau canarder, avant d'enchainer une fois encore avec une sortie remarquable.

YOUNG DOLPH - Thinking Out Loud

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J HUS - Common Sense

, 23:09

Le rap anglais se porte bien. Pas seulement ce grime qui, depuis qu'il suscite l'enthousiasme de rappeurs nord-américains, vit une deuxième jeunesse. Mais tout le rap anglais, dans ses diverses déclinaisons. L'accueil favorable que reçoit J Hus depuis sa mixtape de 2015, The 15th Day, et cette année avec son premier album, Common Sense, est une illustration de cette grande forme. Avec lui, le succès est au rendez-vous (le single "Did You See" a bien cartonné), les stars locales cooptent le jeune homme de 21 ans (il contribue au titre "Bad Boys" de Ghetts et Stormzy, sur le dernier album du second), et la critique se montre bienveillante.

J HUS - Common Sense

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DESSA - False Hopes

, 23:13

False Hopes n'est pas le nom d'un seul projet, mais de plusieurs, sortis en solo au milieu des années 2000 par plusieurs membres de Doomtree, avant qu'ils n'en proposent un dernier sous le même titre, tous ensemble cette fois. Ce nom avait été en fait, d'abord, celui du duo formé par P.O.S et Cecil Otter, les fondateurs du collectif de Minneapolis. Mais il allait servir de carte de visite à d'autres, et notamment à leur rappeuse, Dessa Darling, ou tout simplement Dessa. Elle allait proposer, avec les cinq titres de son EP (si réussi qu'elle en recyclerait une bonne partie sur son second album, Castor, The Twin), l'un des meilleurs de la série.

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2 CHAINZ - Pretty Girls Like Trap Music

, 22:46

Le dernier 2 Chainz prétend que les jolies filles aiment la trap music. Et il y a du vrai là-dedans. D'abord, effectivement, parce que les jeunes femmes ont toujours préféré les mauvais garçons. Ensuite, parce que ce sous-genre du rap, autrefois un phénomène régional, en est devenu aujourd'hui le cœur. Il est très populaire et complètement normalisé. Et ce constat vaut aussi pour 2 Chainz lui-même, dont la longue ascension ressemble de près à celle de cette musique, quand on l'observe ainsi, sur le tard, l'année de ses quarante ans, parvenir au sommet de sa carrière.

2 CHAINZ - Pretty Girls Like Trap Music

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ALL STAR - Starlito's Way 2

, 22:49

Scène(s) rap Dirty South, milieu des années 2000 : Lil Wayne, de La Nouvelle-Orléans, et All Star, de Nashville, deux collaborateurs occasionnels, sont l'un et l'autre des artistes Cash Money. Le premier, cependant, est une star absolue, il est le plus grand rappeur du monde, comme il le proclame lui-même. Tout ce qui vient de lui, albums, collaborations ou mixtapes, est attendu avec impatience et avidité comme une manifestation du messie. Tandis que l'autre, qui traverse une période difficile de sa vie au niveau personnel, et qui n'est pas une priorité pour son label, se languit et voit sa carrière péricliter. Alors, puisqu'on ne l'autorise pas à sortir de projet officiel, celui que l'on appelle aussi le Cashville Prince, Jermaine Shute de son vrai nom, décide de gérer ses frustrations avec la série des Starlito's Way.

ALL STAR - Starlito's Way 2

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DA BRAT - Funkdafiend

, 23:19

Le premier carton du rap féminin, dans les années 90, n'est pas venu des pôles habituels, la Côte Est et la Californie. Le premier disque de platine obtenu par une rappeuse, en effet (en tout cas en solo, le trio Salt-N-Pepa l'ayant précédée), fut le fait d'un drôle d'attelage composé (bien avant que ces deux villes ne destituent New-York et Los Angeles en leur qualité de places fortes du rap), d'une résidente de Chicago et d'un producteur d'Atlanta. Ce Funkdafiend qui s'écoula au-delà du million d'exemplaires, fut en effet conçu par la jeune Shawntae Harris, alias Da Brat, avec l'appui de Jermaine Dupri, qui l'avait signée sur son label So So Def.

DA BRAT - Funkdafiend

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BABYFACE RAY - Legend

, 22:49

Detroit est la nouvelle Mecque du rap. Peut-être l'est-elle-même depuis longtemps, mais nous ne l'avons réalisé que tardivement, grâce aux sorties solo ou collectives des Doughboyz Cashout, à l'engouement autour de Tee Grizzley, et aux projets récents de Peezy, comme ce Ballin Ain't A Crime déjà vanté sur ces pages. A ceux-là, il faut en ajouter un autre, BabyFace Ray, un proche du dernier cité. Membre comme lui de Team Eastside, il a commencé à se faire connaître en 2015, avec Gt X Mia (une collaboration avec un autre homme de Detroit, GT) et son premier solo M.I.A Season, puis il a poursuivi avec une salve de mixtapes.

BABYFACE RAY - Legend

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SADISTIK - The Balancing Act

, 23:56

Hormis peut-être dans cette version très grand public concoctée par Macklemore, ce n'est pas la plus visible de toutes. Et pourtant c'est bien toute une école de rap, l'un de ses sous-genres les plus pérennes, que Slug a fondé à la fin des années 90, avec son groupe Atmosphere. Après lui, le rap d'écorché vif, les confessions, les paroles introspectives et l'exhibition de son mal-être sont devenus presque synonymes de rap de Blanc underground. Et tant pis si Slug n'était en fait pas 100% blanc, et s'il était bien plus qu'un simple rappeur "émo". Avec lui, une tradition est née, il a eu plusieurs héritiers, comme son protégé Eyedea, ou celui qui a côtoyé ce dernier dans son ultime tournée avant son décès : Sadistik.

SADISTIK - The Balancing Act

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EVE - Let There Be Eve… Ruff Ryders' First Lady

, 23:06

Eve Jeffers a eu toute une histoire avant de devenir ce qu'elle proclame fièrement être sur son premier album : la Première Dame des Ruff Ryders. C'est d'abord en tant que chanteuse qu'elle est entrée en musique, avec un groupe de filles baptisé le Dope Girl Posse. Et puis elle est passée aux raps. Elle y excella même tant qu'elle attira l'attention de Dr. Dre et qu'elle intégra son label, Aftermath. Son contrat expirant avant qu'elle n'ait pu proposer un album, cette collaboration n'eut pour seule trace discographique qu'un morceau intitulé d'après l'autre alias de la rappeuse : "Eve of Destruction". Mais après cela, Eve sut rebondir très vite. Elle misa sur le bon cheval en s'acoquinant avec DMX, un rappeur au faîte de la gloire après It's Dark and Hell Is Hot, et elle rejoignit son collectif de gars pas faciles.

EVE - Let There Be Eve… Ruff Ryders' First Lady

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T.I. - Trap Muzik

, 23:25

Il est facile de démontrer la place cruciale de Trap Muzik dans l'histoire du rap. Ce second album de T.I., en effet, est celui qui a accéléré la carrière du rappeur. Après l'échec de I'm Serious, un premier projet décevant malgré l'appui des Neptunes et de figures comme Too $hort, l'homme autrefois connu sous le nom de Tip avait su rebondir. Après sa contribution remarquée au tube "Never Scared", de Bone Crusher, la création de son propre label (Grand Hustle Records), une nouvelle signature en major (Atlantic), des mixtapes conçues avec l'aide de son groupe P$C et d'un certain DJ Drama, Trap Muzik lançait une campagne réussie de conquête du grand public, qui culminerait avec King, T.I. vs. T.I.P. et Paper Trail.

T.I. - Trap Muzik

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WEBBIE - Savage Life 2

, 22:48

Autrefois, au début des années 2000, quand Bun B a pris les deux rappeurs sous son aile, les noms de Lil Boosie et de Webbie étaient indissociables. Ils étaient les emblèmes de la scène rap de Baton Rouge, et ils sortaient leurs albums en duo. Après bien des années, toutefois, la donne a changé : le premier, désormais appelé Boosie Badazz, est devenu une immense référence du rap du Sud, et en 2014, à sa sortie de prison, il a été accueilli comme le messie. Alors que l'autre, qui a connu pourtant des démêlés judiciaires similaires, est passé au second plan.

WEBBIE - Savage Life 2

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LUSCIOUS JACKSON - In Search of Manny

, 22:52

Les Luscious Jackson ont longtemps été considérées comme des Beastie Boys au féminin. Si ce jugement était un peu rapide et réducteur, il n'était pas totalement infondé. Kate Schellenbach, l'une de leurs membres, avait été en effet le batteur des Beasties, à l'époque du EP Polly Wog Stew, alors qu'ils étaient encore un groupe de punk hardcore. Dix ans plus tard, ces quatre Blanches deviendraient la première signature du label fondé par les trois mauvais garçons, Grand Royal. Et surtout, de manière plus fondamentale encore, Kate, Jill Cunniff, Gabby Glaser, Vivian Trimble étaient comme eux le produit de ce New-York des années 80, où punks, rappeurs et branchés se côtoyaient au sein d'un même bouillon de culture.

LUSCIOUS JACKSON - In Search of Manny

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