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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Pop Rock

Critiques et revues d'albums pop, rock et folk

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DAVID BOWIE - Low

, 23:03

Dans L'Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville disait, en gros, que la Révolution Française n'avait pas existé. Ou, plus exactement, que les principes qu'elle portait avait déjà largement travaillé l'Ancien Régime, que celui-ci avait connu au XVIIIème siècle des évolutions majeures, que 1789 n'allait faire, en fait, que radicaliser et proclamer. La leçon ne vaut pas que pour la Révolution Française. Elle vaut pour toutes, mêmes pour celles qui n'ont pas grand-chose à voir avec la politique, même pour celles qui ne sont, par exemple, que musicales. C'est le cas du chambardement punk. On le présente encore trop souvent comme une rupture radicale dans l'histoire de la musique, comme un nouveau départ, comme une année 0. Alors qu'en fait, tout ou presque existait avant lui.

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BUILT TO SPILL - You in Reverse

, 18:44

Alors que Built to Spill a été considéré assez tôt comme un groupe important dans son pays natal, les Etats-Unis, il a tardé à susciter la même adhésion de l’autre côté de l’Atlantique. Certes, le groupe de Doug Marsch n’est pas passé tout à fait inaperçu chez nous. Il y a même recueilli des critiques bienveillantes. Mais il y manquait souvent l’enthousiasme. Sans doute ce post-indie épique et toutes guitares dehors était-il trop américain, ou bien le sex-appeal lui faisait-il défaut, ou encore n’avait-il pas cette capacité à poser, à présenter sa musique comme un manifeste, qu’affectionne tant une critique européenne éprise de posture arty.

BUILT TO SPILL - You in Reverse

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BUILT TO SPILL - There's Nothing Wrong With Love

, 17:25

Sorti en cette année 1994 très faste, où, par ailleurs, Doug Martsch s’embarquait avec Calvin Johnson pour l’aventure Halo Benders, There's Nothing Wrong With Love n’était pas le premier album de Built to Spill. Il n’était pas non plus leur meilleur, pas encore. Mais il était leur premier tour de force, l'oeuvre qui plantait le décor, celle où Marsch & co, encore à tâtons, approchaient par moments la formule qui constituerait ses grands disques, celle qui en ferait des postulants sérieux au titre de meilleur groupe rock américain de la décennie 90, carrément.

BUILT TO SPILL - There's Nothing Wrong With Love

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LYNYRD SKYNYRD - Second Helping

, 23:15

Il est souvent admis que Second Helping est le meilleur Lynyrd Skynyrd, qu'il est une version plus accomplie de Pronounced Leh-Nerd Skin-Nerd, leur premier album. Mais ce n'est qu'à moitié vrai. Toujours produit par Al Kooper, mais enregistré en Californie, ce second opus se montrait en effet plus professionnel et propre que le précédent. Cependant pour cette raison même, il était moins bien.

LYNYRD SKYNYRD - Second Helping

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ARAB STRAP - Philophobia

, 11:53

Les Britanniques ont toujours excellé à cela : s'inspirer ou s'emparer d'une tendance apparue Outre-Atlantique, d'un nouveau genre musical américain, et le pousser au bout de sa logique, aller au bout de ses idées. Chez Arab Strap, en effet, on retrouvait quelque chose de la neurasthénie et du rock déprimé de Smog, Palace, Idaho et consorts. Mais de manière démultipliée, sans nuance, sans à côté, sans rémission. Sur leur second album, comme sur d'autres, les Ecossais plongeaient pour de bon jusqu'au fond de la déprime, du glauque et du sordide.

ARAB STRAP - Philophobia

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X - Los Angeles

, 23:17

Après New-York et Londres, Los Angeles. La ville californienne a été le troisième grand centre de la vague punk. Et, au sein de cette scène, X a été le groupe le plus visible. Pourtant, à bien y regarder, malgré toute la hargne et toute la fraicheur dont le groupe fondé en 1977 par John Doe et Exene Cervenka a su faire preuve, ce punk là n’était déjà plus le même que celui des deux autres villes.

X - Los Angeles

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THE FIELD MICE - Snowball

, 22:54

Le grand truc de Sarah Records, c'était les singles. Le label culte de la twee pop a tardé à se mettre au format LP, et cela se ressent sur le premier mini-album de son groupe phare, les Field Mice, qui n'était encore qu'un duo à cette époque. La formule, en effet, n'est pas tout à fait maîtrisée. Snowball avait beau livrer la quintessence de ce style à rebours complet de la pose rock'n'roll, de cette pop fragile chantée par d'éternels lycéens sensibles et doutant d'eux-mêmes, et renouant avec les guitares délicates des Byrds (les premières notes de "Everything about You"), de ces chansons d'un sentimentalisme simple mais éloquent, il avait beau diversifier la formule en flirtant avec les guitares sales et envahissantes de My Bloody Valentine et du shoegaze ("White"), avec la dance par le biais de boites à rythme et de synthés, ou avec la dream pop, trois autres genres en vue dans l'Angleterre de la fin des 80's, tous les titres n'avaient pas le même impact.

THE FIELD MICE - Snowball

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LYNYRD SKYNYRD - Pronounced Leh-Nerd Skin-Nerd

, 22:41

C'était sur je-ne-sais plus quel blog ou webzine français, un billet amusant qui listait les pré-requis de la crédibilité rock, les conditions que tout fan de musique se devait de remplir pour être respecté par ses pairs. L'un des éléments clés de la liste, c'était l'impératif de la transgression. Pour impressionner ses amis, tout autant que pour démontrer son ouverture d'esprit, il fallait savoir avouer un plaisir coupable, déclarer aimer tel ou tel artiste douteux, après, bien sûr, avoir étalé des goûts plus légitimes et démontré que l'on était avant tout un connaisseur.

LYNYRD SKYNYRD - Pronounced Leh-Nerd Skin-Nerd

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MIGALA - Asi Duele un Verano

, 22:38

Des cris de mouette, le ressac de vagues, une corne de brume, le bois d’un vieux rafiot qui craque et, pour paraphraser l’autre, un accordéon rance ("Wait The Ships Come Back"). Toute une série de bruitages pour signifier que le thème de cet album tournera autour de l’eau, de la mer, du voyage. Ensuite, une guitare, des cordes tristes, un rythme terriblement lent, puis une voix, morne et grave, alternant entre des couplets façon spoken word et un refrain aux faux airs de Tom Waits ("The Whale"). Une curiosité synthétique, sorte de sonar bizarre, voulant nous plonger dans les profondeurs sous-marines ("320m To The Surface").

MIGALA - Asi Duele un Verano

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KINGS OF CONVENIENCE - Quiet Is the New Loud

, 12:02

"Moi, ce que j’aime, avant tout, c’est le bruit". Ainsi s’exprimait l’une de mes collègues de travail, un jour, pour résumer des goûts musicaux dominés, comme beaucoup de gens nés au milieu des années 70, par le grunge, par Nirvana, par Noir Désir, et d’autres groupes populaires adeptes de guitares très sonores. Les années 90 sont celles où le bruit est définitivement devenu une chose normale, la bande-son de notre vie quotidienne. Aussi, la musique fonctionnant par cycle, par réactions successives, était-il logique que les années 2000 s’ouvrent, à l’exact opposé, sur un retour en force de la douceur, de la quiétude et de l’acoustique.

KINGS OF CONVENIENCE - Quiet Is the New Loud

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GENE CLARK - Echoes

, 18:22

Avec la vague de rééditions facilitée par l'ère du CD, bien des albums ont subi des transformations. De nombreux vieux disques, célèbres ou oubliés, sont revenus dans les rayons, mais pas toujours dans leurs versions originales. Souvent, ils ont été remixés, ou enrichis de bonus tracks plus ou moins captivants, versions alternatives des originaux, faces B de singles ou démos brinquebalantes.

GENE CLARK - Echoes

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SWELL - Too Many Days without Thinking

, 23:06

"Without thinking", non, sans doute pas. Mais "too many days", oui, assurément. Car il a en fallu du temps pour que Swell parvienne à sortir cet album. Pas moins de quatre années s'étaient écoulées depuis 41, quatre années d'incroyables galères et de faux départs, où le groupe aura été jeté d'American Recordings par Rick Rubin, où il aura multiplié les enregistrements, où il aura vu les producteurs se succéder, avant que Kurt Ralske d'Ultra Vivid Scene ne fasse finalement le travail. Mais le résultat en valait la peine, car avec Too Many Days without Thinking, le groupe de San Francisco proposait son meilleur disque.

SWELL - Too Many Days without Thinking

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BLACK BOX RECORDER - England Made Me

, 22:30

Luke Haines n'a jamais été un garçon vraiment fréquentable. D'accord, en 1993, il avait annoncé la clinquante vague brit pop avec son New Wave. Mais il en représentait le côté obscur, la face cynique, avec ses commentaires sociaux empreints d'ironie. Averti des petitesses de notre monde, il se posait en héritier de Ray Davies. Et plus tard, avec son projet d'après les Auteurs, Baader Meinhof, il avouerait une étrange fascination pour les terroristes de la Bande à Baader.

BLACK BOX RECORDER - England Made Me

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PUBLIC IMAGE LTD. - Public Image (First Issue)

, 23:00

C'est marrant, les goûts, les modes et les couleurs. Regardez Public Image, par exemple. Après que le groupe ait montré la voie, après avoir incarné le futur du rock, non, mieux que ça, l'après rock, après avoir été au comble du succès critique à la fin des années 70, ils étaient tombés en désuétude au fil de la décennie suivante. Les tendances changeant, les générations se succédant, ils étaient devenus le souvenir d'une époque révolue, leur son semblait daté. Avant que les très revivalistes années 2000, finalement, ne leur restituent leur prestige d'antan.

PUBLIC IMAGE LTD. - Public Image (First Issue)

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SUPER FURRY ANIMALS - Fuzzy Logic

, 21:31

Ce n'est pas toujours au moment de son apogée qu'un mouvement connait ses meilleurs instants. Ainsi de la vague britpop, considérée aujourd'hui, si ce n'est à l'époque même, avec mépris et condescendance. Il n'y a pas forcément grand-chose à retenir des années 1994 et 1995, celles de son paroxysme. celles de la rivalité très médiatisée entre Blur et Oasis, et de cette multitude de groupes indigents montés chaque semaine en épingle par la presse britannique. Non, s'il faut en tirer quelque chose, c'est avant qu'il faut regarder, du côté de Luke Haines et des Auteurs, du Modern Life Is Rubbish de Blur, et bien sûr de Pulp qui, même s'ils ont explosé avec Different Class, étaient déjà là depuis fort longtemps.

SUPER FURRY ANIMALS - Fuzzy Logic

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KATE BUSH - The Sensual World

, 22:31

Quand il s'agit de décider quel disque de Kate Bush a été le plus accompli, lequel est sa grande œuvre, The Sensual World se fait souvent coiffer au poteau par Hounds of Love, le très ambitieux album d'avant. En comparaison, celui-ci paraît plus apaisé, plus pop, presque plus anodin. Même s'il a bénéficié d'un succès critique et public appréciable, il est dans l'ombre de son très prisé prédécesseur.

KATE BUSH - The Sensual World

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PAUL & LINDA MCCARTNEY - Ram

, 22:59

J'ignore bien d'où pouvait me venir une telle idée. De tels ou tels articles d'une presse plus ou moins spécialisée, peut-être. De la conviction qu'un groupe de rock n'est jamais génial éternellement, ou de titres des Wings plutôt douteux, écoutés d'une oreille distraite. Car des années durant, j'ai bien cru que les carrières solo des membres des Beatles ne valaient pas grand-chose, notamment celle, pourtant la plus prolifique et la plus commercialement juteuse, de Paul McCartney.

PAUL & LINDA MCCARTNEY - Ram

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OP8 - Slush

, 22:55

Il y a des side projects qui valent autant que les disques principaux de leurs auteurs. Prenez l’unique album enregistré par Giant Sand sous le nom d’OP8, avec le renfort de Lisa Germano. A bien des égards, c’était une oeuvre de transition, sortie entre la période la plus prolifique du groupe et le succès tardif de Joey Burns et John Convertino avec l'indie rock à la sauce tex mex de Calexico. Et même s’il a été question un temps que cet "autre projet" ("other project", tel était le sens du "OP" d'OP8, outre l'évidente référence narcotique) s'inscrive dans la durée, avec un second disque en collaboration avec… Clint Eastwood, il n'en a en fait rien été.

OP8 - Slush

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RED HOUSE PAINTERS - Red House Painters (Rollercoaster)

, 22:29

Après avoir exploré toutes les facettes d'un punk hardcore frénétique, le rock alternatif américain avait commencé dès la fin des années 80 à rebrousser chemin. Sans rien renier d’une certaine fureur, tout en conservant une sensibilité à fleur de peau, certains avaient freiné le tempo et redécouvert les plaisirs vénéneux de la lenteur. Au bout de cette route, au terme de cette formule qui porta à l'occasion les doux noms de slowcore, voire de sadcore, il y avait les Californiens d’American Music Club, et ces protégés de Mark Eitzel qu’étaient les Red House Painters.

RED HOUSE PAINTERS - Red House Painters (Rollercoaster)

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KOSTARS - Klassics with a "K"

, 23:09

Il est des parrainages aussi encombrants qu’utiles. Parce qu’une de leurs membres, Kate Schellenbach, fut la batteuse du trio quand il faisait du punk hardcore, parce qu’elles ont été l’une des premières références du label Grand Royal, et parce que leur hip-hop malin qui plaisait aux adeptes de rock alternatif n’était pas sans évoquer leurs protecteurs, les Luscious Jackson ont toujours vécu dans l’ombre des Beastie Boys. Et même si elles eurent leur heure de gloire au milieu des années 90 avec le single "Naked Eye" et l’album Fever In Fever Out, un disque produit par Daniel Lanois, elles n’auront connu ni la longévité ni la postérité de leurs alter ego masculins, elles n’auront pas marqué autant les esprits.

KOSTARS - Klassics with a "K"

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